Dimanche 12 décembre 2010
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"Penny
Sparkle" de Blonde Redhead (2010) 4AD
Note : * * * * * * *
Parmi l’imposante quantité de disques sortis et surtout
écoutés cette année, certains se sont immédiatement démarqués des autres. Leurs univers se sont imposés à moi comme une évidence. « Penny
Sparkle », le dernier du groupe Blonde Redhead, est de ceux-là ! Il est même sûrement, avec « High
Violet » de The National, celui que j’ai le plus fréquenté, celui qui a le plus accompagné mes
jours………….et mes nuits !
Blonde
Redhead est ce trio fondé au début des
années 90, composé de la belle Kazu Makino
(chant,
guitare, piano), Simone Pace (batteries) et Amedeo Pace (guitare, chant). Avec cet
album, le groupe arrive sur le mythique label 4AD et opère un net changement de cap. Simple
renouvellement ou nouvelle orientation ? L’avenir nous le dira….
« Penny
Sparkle », est vraiment un album lent, d’une lenteur digne du slowcore de Low ou même du Post-rock sous valium d’un disque comme
« ( ) » des Islandais de Sigur Ros. Car cette fois, exit la fureur sonique du
rock noisy des débuts, place maintenant à la contemplation méditative.
Rythmes, nappes et effets sonores, mélodies, voix,
chœurs : tout ici est construit sur l’idée de lenteur, de progression et de mise en place en douceur. Un disque neurasthénique et mélancolique mais pas vraiment dépressif car un lumineux
espoir règne toujours au sein des différents morceaux.
Tout commence avec le magnifique « Here
Sometimes » au rythme downtempo où la superbe voix de Kazu Makino
se love parfaitement dans la mélodie et les nappes
sonores méditatives. « Not Getting There » accélère légèrement le tempo mais sans aucun excès de rapidité. Un titre tout en montées progressives. Et le disque s’écoule ainsi,
entre images oniriques, douceur, et contemplation. Un véritable baume synth-pop apaisant !
Enregistré entre Stockholm et New York par les
producteurs Subliminal Kids et Van Rivers, « Penny Sparkle » a été ensuite mixé par Alan Moulder, immense créateur de paysages sonores vaporeux
et grand maitre shoegaze (My Bloody Valentine, Lush, Ride, The Jesus & Mary Chain,
Interpol, etc.). Cela peut en partie expliquer l’orientation musicale aussi neurasthénique du disque.
J’ai lu ça et là des critiques négatives sur ce disque, beaucoup regrettant la fureur noise rock de leurs anciennes livraisons. Personnellement, ce
changement de cap ne m’a nullement dérangé tellement cet enregistrement dégage de beauté, de poésie et de rêverie. Toutes ces réactions me rappelle la sortie de « Kid A » de Radiohead et son cortège de mécontents et autres
Cassandres prédisant la fin de leur hégémonie. Alors, laissons le temps au temps et regardez, en ce début d’année, les divers best of de cette décennie écoulée : « Kid A » s’est retrouvé en tête de nombreux d’entre eux !
Entre féérie, dream pop vaporeuse, onirisme shoegaze et éther pur, Blonde Redhead prouve qu’ils sont capable de se renouveler et de créer un univers de toute beauté, un véritable chef
d’œuvre !!!
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