Lundi 28 avril 2008 1 28 /04 /Avr /2008 16:18

Lefilsdelepicier_2   "Chronique humaniste"


Suite à un problème de santé du père, son fils Antoine revient dans le village qu'il avait jadis fuit afin de reprendre les tournées de l'épicerie familiale.

Un homme sur un escalator. Gros plan sur la main. Métro. Images d'enfances en super 8, celle d'Antoine, le héros. Musique folk planante. C'est par cette magnifique séquence que débute "Le fils de l'épicier", le dernier film d'Eric Guirado.

Le retour du fils, vilain petit canard, dans l'antre familiale. La famille justement est au coeur de ce superbe film, avec son lot de secrets, de souffrances, de disputes, de non-dits qui pèsent sur chacun de ses membres. Les deux fils tout d'abord. Antoine, le héros, celui qui a fuit depuis dix ans, celui qui ne communique presque plus. Son frère, qui lui est resté au village, remplis de rancoeurs et de regrets, et qui ne s'est toujours pas remis de sa rupture amoureuse. Le père aussi, petit commerçant, véritable ours, qui n'a jamais supporté qu'Antoine parte et ne reprenne pas la boutique. Et sa femme, mère courage, qui tente tant bien que mal à preserver un semblant d'unité familiale. Tout ce petit monde va tenter de cohabiter ensemble, par la force des choses, et apprendre à se (re)découvrir, à s'aimer, à se comprendre !

Mais ce n'est pas qu'un simple film de famille. Par le prisme de l'épicerie, c'est aussi une magnifique chronique rurale. Guirado, en digne héritier de Manuel Poirier, décrit parfaitement la vie de ces petits villages. A la manière d'un naturaliste, il peint avec beaucoup d'humour et de tendresse les us et coutumes de ces habitants. On rit sur de nombreuses scènes mais sans se moquer. Ainsi, sous le regard humaniste et généreux de Guirado, c'est tout une galerie de personnages attachants et hauts en couleurs qui se succèdent au gré des tournées de l'épicerie ambulante (Lucienne, le père Cléments, etc..). Les personnages justement : Antoine (Nicolas Cazalé), Claire sa copinne (Clothilde Hesme), le père (Daniel Duval), la mère (Jeanne Goupil), Lucienne (Liliane Rovère), etc..! Avec beaucoup de sincérité, ces acteurs subliment tous leur rôle !

Par sa musique folk-country très planante (Christophe Boutin), ces grands espaces magnifiquement mis en image par le chef opp' Laurent Brunet (Raphaël Nadjari, Amos Gitaï, ...), le film est aussi un road-movie "campagnard" !

Certain trouveront que par son scénario, son sujet, le film s'apparente à un téléfilm Fr3 du samedi soir et il n'auront pas tout à fait tord ! Mais après tant d'émotions, de sincérité, de superbes images et plans, "Le fils de l'épicier" remporte haut la main mon adhésion ! Et vous ??? 

Par Francky 01 ou Chico+ - Publié dans : Cinéma/DVD - Voir les 0 commentaires
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Lundi 28 avril 2008 1 28 /04 /Avr /2008 14:27

Happinesssebschuller Il y a des disques, bien que magnifiques et très aboutis, restent hélas méconnus du grand public. Pas ou peu de passages radio et télé (hormis quelques îlots de résistance type "Tracks" sur Arté), mal distribués (n'allez pas les chercher dans les rayons des supermarchés), ils n'ont droit qu'aux honneurs de la presse spécialisée. "Happiness" est de ceux-là !

 

 

Sortit en 2005 sur le petit label catalogue, ce premier opus est l'oeuvre d'un modeste artisan "pop" parisien, Sébastien Schuller. Un citadin trentenaire, les deux pieds dans la ville mais l'âme et la tête dans les nuages. Modeste artisan je disais, mais pas du tout médiocre, tant la qualité de l'ouvrage est impressionnante ! Du véritable travail d'orfèvre. Sébastien Schuller à entièrement écrit, composé, interprété (voix, choeurs et tous les instruments) et enregistré ce disque en solitaire. Et ceci dans son appart' sous les toits de Paris, en pleine ville. "Happiness", malgré tout, est pourtant une ode aux grands espaces, aux voyages imaginaires, à l'extase, au bonheur et à la mélancolie ! Véritable kaléidoscope de sentiments contradictoires, de sensations, d'ambiances bucoliques teintées de mélancolie ! Parfois, au détour d'une mélodie, le spleen rôde ! Mais c'est un spleen emplis de clarté, de lumière. L'espoir est toujours présent !

Nul déchets sur les onzes titres qui constituent cet album, tous serties de main de maître. De l'ouverture "1978" au final "Le dernier jour", c'est le même souffle lyrique qui emporte l'auditeur, le faisant traverser, tel Alice au pays des merveilles, de l'autre côté du miroir. Comme envouté, on en ressort léger, heureux, "happy" et appaisé. Bien sûr, certains morceaux se démarquent, comme mon préféré, l'onirique et épique "Where we had never gone".

Véritable architecture foisonnante et complexe, ce disque est un parfait équilibre entre bidouillages electroniques et instruments rock (guitare, basse, synthés..).

Malgré une production maison, on ne peut qu'être admiratif par sa qualité, par ses trouvailles sonores. "Happiness" pourrait s'apparenter à du Radiohead Lo-fi : même travail sur les choeurs et le son, même lyrisme, même génie mélodique mais avec des moyens beaucoup plus modeste.


HAPPINESS : Bonheur, qui rend heureux ! Cette définition du dictionnaire résume parfaitement ce disque. Et quel disque. A découvrir de toute urgence !!


En écoute : "Weeping Willow" (n°2) / "Where we had never gone" (n°6) 

 

 

                  

Par Francky 01 ou Chico+ - Publié dans : indies rock & Pop - Voir les 0 commentaires
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Samedi 26 avril 2008 6 26 /04 /Avr /2008 19:47

ls0809.jpg 

"Que fais-je de ma vie."


Que fais-je de ma vie

Sinon garder l'envie,

D'y croire toujours encore

A cet espoir pas mort.

De vivre sans souffrance

De vivre sans abscence

Je m'y accroche comme à

Ce naufragé perdu

Divaguant dans l' au-delà

Sur son radeau déchu.

Que fais-je de ma vie

Que fais-je de ma vie ?

J'ai longtemps erré sur les routes

Et je m'y suis souvent perdu

Car ces routes de ma déroute

M'ont emmené vers l'inconnue.

Cette inconnue souvent obscure

Cette inconnue qui me murmure

Des choses étranges me faisant peur

Qui ne rimaient pas avec bonheur.

Que fais-je de ma vie

Que fais-je de ma vie ?

Un peu d'espoir et puis s'en va

Moi sur le quai qui attend là

Le bateau qui m'emmènera

Loin de cette vie, bien au-delà

De toutes ces nombreuses souffrances

Vécues dans le plus grand silence.

Que fais-je de ma vie, que fais-je de ma vie ?

Par Francky 01 ou Chico+ - Publié dans : méditation existentielle - Voir les 1 commentaires
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Samedi 26 avril 2008 6 26 /04 /Avr /2008 18:13

BonniePrinceBilly-2006-TheLettingGo.jpg

"The Letting Go" (2006) J'écoute régulièrement cet album de folk élégiaque.

Touché par la grâce ! C'est ainsi que l'on pourrait qualifier le dernier album de Bonnie Prince Billy alias Will Oldham !!!!

"The letting go" est un disque apaisé, beau à pleurer, emplie de lumière et de vie, un peu comme le soleil se couchant sur un lac embrumé. Un disque à écouter au coin du feu, sorte de B.O idéale de "Brockeback Mountain" d'Ang Lee, pour cowboys sentimentaux ! Un disque où le bois (guitares acoustiques) se marrie parfaitement avec l'électricité (guitares électriques et basses), par petites touches impressionnistes, ainsi qu'avec des cordes élégiaques et somptueuses (violons et violoncelles). Un disque nourri des légendes d'Islande où il a été enregistré, de ces elfes et autres fées ! Justement en parlant de fées, il y en a une qui s'est invité sur l'album. C'est la chanteuse méconnue Dawn Mc Carthy. Elle illumine de sa voix angélique l'album, superbe écrin sonore accompagnant le spleen de Will Oldham ! Egalement présent son frère Paul Oldham, fidèle compagnon de route ainsi que Jim White à la batterie. Tous trouve une place harmonieuse grâce à la production sobre et très efficace de Valger Sigurdsonn, célèbre ingé son islandais. Il intègre même, à cet ensemble très folk, de discrètes sonorités et rythmiques electro.

On traverse ce disque tout en douceur, apaisé et léger, touché par autant de grâce. Comme envoûté après un sortilège, mais dont le sort ne serait pas maléfique, bien au contraire !

Bonnie Prince Billy n'est pas un inconnu ! En 1999, il avait déjà composé la bande-son d'un millénaire finissant et agonisant ! C'était le crépusculaire "I see a darkness". Un chef d'œuvre de folk baroque etgothique ! Et au début des 90's, il fondait les Palaces Brothers !

Aujourd'hui, après plusieurs changements de nom et quinze ans de carrière, il est peut être un des seuls digne successeur du grand Neil Young !

 

Par Francky 01 ou Chico+ - Publié dans : Folk-songwriting - Voir les 0 commentaires
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Jeudi 10 avril 2008 4 10 /04 /Avr /2008 18:25

Cocorosie_nohasark Bien qu'ayant déjà parlé des CocoRosie il y a pas longtemps, je ne peux m'empêcher de récidiver. Quand on aime, on ne compte pas ! De surcroît, c'est un groupe qui mérite d'être plus connu.


Question : Comment réussir son second album quand, en guise d'entrée, on a réalisé un premier essai novateur, original et personnel ? Tel était l'enjeu de "Noha's Ark" !

Réponse : Et bien, tout simplement en poussant plus loin l'exploration, la recherche stylistique commencé sur le first opus !

A l'aide d'instruments conventionnels (guitare, harpe, piano, ..), de sons domestiques mis en boucles (leur marque de fabrique), les deux soeurs donnent vie à leur folk déglingué. Leurs chansons, comptines à la beauté malade, sorte de boîte à musique cassée, rouillée, sont toujours aussi poétiques, troublantes et enivrantes. A nouveau, elle dépoussièrent le folk de façon inouï tout en s'inscrivant dans sa déjà longue histoire ! Comme actuellement le font Anthony and the Johnsons, Devendra Banhart (présent sur le disque), Animal Collective, Andrew Bird, Joanna Newsom, etc...

Pendant tout l'album, on est encore transporté ailleurs, dans leur monde, grâce aux voix plaintives et ô combien superbes des deux soeurs. Et quel bonheur de retrouver Spleen, chanteur, rappeur et human-box français dont je vous recommande vivement son album ("She was a girl") !


Si vous avez aimé "La maison de mon rêve", ce disque est fait pour vous !

Si vous ne connaîssez pas "La maison de mon rêve", ce disque est aussi fait pour vous ! Une très grande oeuvre !

 

Par Francky 01 ou Chico+ - Publié dans : Folk-songwriting - Voir les 1 commentaires
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Jeudi 10 avril 2008 4 10 /04 /Avr /2008 17:37

TvOnTheRadio2.jpg

"Return too coockie mountain" de TV On The Radio (2006) 4AD

Note : * * * * * *   *

"Bizarre, vous avez dit bizarre. Comme c'est bizarre !" Cette réplique de ciné culte, beaucoup d'auditeurs ont du se la dire à l'écoute de cet album O.V.N.I ! Moi le premier !

Post-rock ? Electro-funk expérimentale ? Free-soul ? Inclassable en tout cas et c'est tant mieux ! C'est ce qui fait la force et l'originalité de ce quintet new-yorkais.

Les revoilà donc en 2006, après "Desperate Youth, Blood Thirsty Babes", leur première attaque sonique déjà bien barrée et novatrice sortie en 2004. Comment, malgré tout, définir leur musique ?

Ce disque, ce pourrait être My Bloody Valentine jouant de l'électro-funk avec Pharoah Sanders et Sun Ra (2 génie du free-jazz) dans un album soul produit par Brian Eno sous champignons hallucinogènes !!! Vous dire le délire ! Tout ceci pourrait être "du grand n'importe quoi" mais pas du tout. Quand le talent est là !


Difficile donc à expliquer leur musique ! Faite de secousses noisy, d'éruptions volcaniques, de blues aux charbons ardents et de rares moments d'accalmies, elle se ressent, se vit plus qu'elle se raconte. Un peu comme le cinéma de David Lynch ! D'où ma difficulté à vous en parler !

Mais elle tient du génie ! D'ailleurs, l'ami Bowie ne s'y est pas trompé, lui le dénicheur de talent. Il s'est invité sur un morceau ("blues from down here"), expérience qui a du lui rappeler ses grandes heures de sa période Berlinoise avec Brian Eno.

Brian Eno : C'est la grande référence du disque justement, tant au niveau de la production que de l'innovation sonore !

Bizarre, mais plus je l'écoute, moins je la trouve bizarre justement leur musique !

Ce disque fait partie de ces oeuvres complexes, originales et novatrices qu'il faut, d'écoute en écoute, apprendre à découvrir et à aimer. Un peu comme avec le jazz, celà se méritte ! En cela, ce disque me rappelle mes premières approches (dubitatives) de la période Electric de Miles, "Bitches Brew" en tête. Mais une fois l'oeuvre domestiquée, le plaisir est à la clef !!

Alors, vous aussi, prêt pour regarder la TV à la radio !!!!!!!!

  

Par Francky 01 ou Chico+ - Publié dans : Shoegaze / Post Rock - Voir les 0 commentaires
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Mardi 8 avril 2008 2 08 /04 /Avr /2008 20:33

Coeurs Certains films vous bouleversent, vous touchent au plus profond de votre être. Leurs visions deviennent alors une véritable expérience émotionnelle, sorte de plongée vertigineuse au coeur de votre âme. Ils laisseront des traces, comme les pas dans la neige ! Mais celles-ci seront beaucoup plus profondes. "Coeurs" est de ceux-là !

Paris, c'est l'hiver et il neige ! Sept personnages à la dérive, en quête d'espoir et d'amour vont se croiser, se rapprocher, se désunir au gré d'un scénario superbement construit. Il est, comme "Smoking-No smoking", signé Alan Ayckbourn. Et ainsi va l'histoire dans ce magnifique chassé-croisé amoureux et affectif !

Ce qui frappe d'entrée, c'est la neige, omniprésente. Elle tombe inlassablement pendant tout le film, aussi bien dehors qu'entre chaque scène, sorte de trait d'union systématique entre celle-ci, remplaçant le traditionel fondu enchaîné. Mais ce n'est pas seulement qu'un effet stylistique. Véritable métaphore visuelle, elle symbolise la non-communication entre les personnages, leur abscence d'amour, leur incapacité à se comprendre et à s'aimer, leur solitude affective. Leurs relations sont comme gelées !

Et cette neige n'a rien de joyeux ! Cela rappel ces plans mystérieux et répétitifs de "L'amour à mort" qu'il a tourné en 1984. La mort rode dans "Coeurs", du corps (le vieux père) comme de l'âme ! Le morbide, la mort ! Thématique que Resnais a déjà mainte fois abordé dans ces précédents films ("L'amour à mort", "Hiroshima mon amour", etc...). Mais cette fois, c'est peut-être la sienne aussi qu'il sent doucement venir, à quatre-vingt quatre ans ! Et cela rend le film encore plus touchant.

Malgré la relative gravitée du propos, "Coeurs" joue sans arrêt avec le ton, passant du rire au larmes, de la comédie au drame avec une facilitée déconcertante, s'autorisant même l'absurde ! En plus de son habituelle bande d'acteurs : Lambert Wilson, Pierre Arditi, Sabine Azéma, André Dussolier et Claude Rich (ou plutôt sa voix), de nouvelles recrues (Isabelle Carré et Laura Morante) sont apparue dans l'univers de Resnais. Et ils sont tous excellents !

Alors, à quatre-vingt quatre ans, Alain Resnais prouve qu'il est plus créatif que jamais !

En un mot, sublime !!!!

Par Francky 01 ou Chico+ - Publié dans : Cinéma/DVD - Voir les 0 commentaires
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Mardi 8 avril 2008 2 08 /04 /Avr /2008 17:44

Aujourd'hui, ami lecteur, j'avais envie de vous parler de ce disque qui squat Sparklehorse3 te ma platine : "Dreamt for light years in the belly of a mountain" des Sparklehorse (2006).

Grands amis de Radiohead dont ils ont fait leurs premières parties à leurs débuts, on a découvert ce combos en 1995 avec un premier album au nom quasi improbable : "Vivadixiesubmarinetransmissionplot" !

En 2001, avec "it's a wonderful life", Sparklehorse signait leur troisième et meilleur album. Un petit chef-d'oeuvre ! Ce joyau de rock neurasthénique, de folk-country lunaire sous valium explorait l'autre versant du rêve américain. Comme pour d'autres grands disques malades ("The La's" de Lee Marvee et ses The La's par exemple), son auteur Mark Linkous y a perdu quelques plumes au passage ! Cinq années d'abscences, quasi autant de dépression pour son génial cerveau malade.

Disque du retour, dernières nouvelles des pénombres ! Nouvelle plongée au coeur de l'americana, celle-là même où l'on retrouve, dans les plus profondes et ténébreuses sphères, d'autres superbes combos tels Midlake, Wilco, Neil Young & The Crazy Horse !

"Dreamt.." est peut-être leur album le plus "pop", mais pop dans le sens le plus noble du terme. Cette "pop" qui réussit l'exploit, depuis tant d'années, de transmettre à l'auditeur autant d'émotions, de sensations extrêmes le tout en 3 à 4 min chronos. Durée moyenne des titres de l'album justement, hormis "Morning hollow" et le final "Dreamt for light years in the belly of a mountain", dérive autiste et bruitiste de plus de 10 min.

L'album alterne ainsi de douces ballades mélancoliques et oniriques avec quelques morceaux plus rock, plus sauvages. Richesse des arrangements, recherches sonores notamment sur la voix de Linkous, orgues élégiaques et riffs de guitares sont ainsi convoqués sur ce disque. Moins electronica que le précédent, "Dreamt for...." est un enchantement, une traversée dans le paysage mental d'un groupe ô combien torturé mais tellement passionnant !

 

 

         

Par Francky 01 ou Chico+ - Publié dans : Folk-songwriting - Voir les 0 commentaires
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Jeudi 3 avril 2008 4 03 /04 /Avr /2008 23:22

 

JeffBuckley_Grace.jpg

 

Dans la série mes albums cultes, voici "Grace" de Jeff Buckley. Un unique album studio et puis s'en va ...! Tout avait pourtant si bien commencé : first album salué par la critique (surtout en france, éternelle terre d'accueil des poètes maudits) et le public, tournées mondiales époustouflantes et incessantes. Mais le destin en a décidé autrement, ce tragique 29 mai 1997. Jour fatidique, véritable tragédie "antique". Cet artiste à la voix et à la geule d'ange finira ces jours emporté dans les eaux boueuses du Mississippi ! Mort jeune (31 ans), trop jeune, en pleine gloire et promue au plus bel avenir. Tous les ingrédients pour en faire un mythe, James Dean des temps modernes. Paix à son âmes !


A la première écoute, je fus immédiatement saisie par la voix, d'une puissance rarement égalée. De celle qui vous transporte ailleurs, vers un au-delà inconnu et mystérieux. Une voix d'ange !

"Grace" est donc son unique album studio achevé. Enregistré en 1994, produit avec l'aide d'Andy Wallace, ce receuil testamentaire est un brûlot folk rock aux mélodies pop enflammées. Mais Jeff, musicien virtuose (guitare et divers claviers), s'est mis à la quête d'un "super band" afin d'enregistrer ce chef-d'oeuvre ! Les heureux élus seront Mick Grondhal (basse), Matt Johnson (batterie) ensuite rejoint par Michael Tighe (guitare). Cette union céleste parfaite conduira aux dix titres de "Grace", tous touchés par la grâce et le génie. Dès "Mojo pin" qui ouvre les hostilités, le ton est donné : lyrisme, mélancolie et paroles poétiques. Sa musique, faite de roque, de calme avant la tempête, d'explosion volcanique, de montées orgasmiques, est certainement la plus puissante et habitée des années 90. Et sur les 9 autres morceaux, pas un seul déchet, tous sont du même niveau d'intensité, de créativité à l'état brut. Comment décrire l'émotion ressentie à l'écoute du "Hallelujah" (Leonard Cohen) ? Et que dire de "Grace", "So real" et l'épique "Dream brother" !

Hormis "Hallelujah", 2 autres sont des reprises : "Lillac wine" de James Sheltone version Nina Simone et " Corpus Christi Carol" de Benjamin Britten. Et toutes sont de magnifiques exemples d'appropriations personnelles d'oeuvres d'autres artistes. Véritable traité "d'art de la reprise" ou comment transcender un morceau sans en dénaturer la substance ! Vaste programme.


Un unique album studio terminé mais fort heureusement, avant le jour fatidique, ce 29 mai 1997, Jeff Buckley était en pleine séance d'enregistrement de son second opus ! Le résultat : "Sketches (For my sweetheart the drunk)", sorte de compil idéale des démos de ces séances studio. Et à la qualité de ces enregistrements, on imagine sans problème l'avenir doré de cet artiste foudroyé en pleine ascension ! Depuis, plusieurs lives posthumes sont sortis. Et le même constat s'impose comme une évidence. Jeff Buckley est certainement l'artiste le plus marquant de ces vingt dernières années, celui qui me (nous) manque le plus.

Paix à son âme ! Où que tu sois, repose en paix. Ton nom restera gravé dans le marbre de la story Rock'N'Roll !!!!

 

Ma Note : * * * * * *

 

 

Par Francky 01 ou Chico+ - Publié dans : indies rock & Pop - Voir les 1 commentaires
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Dimanche 30 mars 2008 7 30 /03 /Mars /2008 19:52

N.Young-1972_Harvest.jpg

J'inaugure avec cette note une nouvelle série d'articles me tenant particulièrement à coeur et consacré à "MES ALBUMS CULTES". Vaste débat en perspective car ce choix est totalement subjectif mais assumé ! Et pour le premier, je vais vous parler d'un disque légendaire, "Harvest" de Neil Young.

"Harvest" est peut-être le disque le plus populaire du "Loner" (meilleur vente 1972, classé n°1 au Billboard). Unanimement reconnu par la critique et les fans comme l'un des albums majeurs de l'histoire du rock, il est régulièrement cité dans toutes "discothèque idéale" qui se respecte !

"Harvest" est donc le quatrième album solo de Neil. Véritable pierre angulaire de son oeuvre, il ouvre superbement une "trilogie rurale" qui se poursuit avec "Harvest Moon" en 1992 et se conclue en beauté avec "Prairie Wind" en 2005. Sortie en 1972, il a été enregistré avec des musiciens de renom de Nashville, The Stray Gators alias Ben Keith (guitare steel), Kenneth Buttrey (batterie), Tim Drummond (basse), Jack Nitzche (piano, guitare slide et arrangements) et John Harris (piano). Mais l'on retrouve aussi ses acolytes Crosby (David), Stills (Stephen) and Nash (Graham) ainsi que Linda Ronstadt et James Taylors pour les choeurs. Rien que ça ! Neil, quand à lui, chante, joue de la guitare et de l'harmonica. Pour 2 titres, "A man needs a maids" et "There the world", il fait même appel au London Symphony Orchestra. Grâce aux cordes et aux cuivres de l'orchestre, magnifiants ainsi ces morceaux, son folk planant et sa country rurale prennent une dimension épique et lyrique, rarement égalé depuis.

Personnellement, c'est avec ce disque que j'ai découvert Neil Young. C'est une formidable clef d'entrée dans l'univers de ce "chamane rock" ! Disque relativement court (11titres pour 37min), c'est une véritable ode à l'Amérique rurale et profonde, à la face obscure du fameux "American Dream" ! Car derrière ces morceaux à l'apparence bucoliques et apaisés, l'orage gronde, un peu comme un "Twin Peaks" avant l'heure ! Ainsi, drogue et déchéance (Are you ready for the country et The needle and the damage done), racisme (Alabama) côtoient l'amour et le fait d'être père (A man needs a maids), la quête spirituel à la recherche d'un "coeur d'or" (Heart of gold) !

Produit de main de maître par Neil Young et Jack Nitzche, "Harvest" malaxe subtilement rock, folk, country et orchestrations monumentales ! Et bien des années après, il reste encore une référence absolue en la matière, source intarissable d'inspiration pour tout aspirant Folk rocker ! La pochette au design sobre, épuré et rustique, de couleur beige orangée, est maintenant rentrée dans toutes les mémoires.

Mais ne pouvant s'arrêter en si bon chemin, deux ans plus tard il sortira "On the Beach", suivit de "Tonight's the night" et "Zuma" en 1975. Et ces trois disques sont tous des chef-d'oeuvres, véritables sommets glauques, profonds et hantés à la "beauté malade". A croire que les années soixante-dix appartenait à Neil Young ! Mais ça, c'est une autre histoire !!!!!!!!

 

Ma Note : * * * * * *  *

 

 

Par Francky 01 ou Chico+ - Publié dans : Neil Young - Voir les 1 commentaires
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Mardi 25 mars 2008 2 25 /03 /Mars /2008 17:19

CocoRosie-2003.jpg
  

Comment parler de cet album tellement il ne ressemble à rien de connu ? Un album rare, préçieux car unique !

2004 : Deux soeurs américaine, Sierra et Bianca Cassidy, se retrouvent dans un appart' parisien vers la mairie du dix-huitième arrondissement, en bas de Montmartre ! C'est là qu'elles créent et enregistrent ce disque, étrange disque, envoûtant et mystérieux ! A l'écoute de ces chansons à l'apparence minimaliste, d'une oreille distraite, on ne dirait pas grand chose. Quelques notes de guitares, Beats simples, du toy-piano, des mélodies discrètes et surtout des "sons domestiques samplés" (portes qui claques, bruits de clefs, de pluie qui tombe, de pas dans l'escalier, de vieilles machines qu'ont imagine rouillées et usées par le temps, etc...). Elles créent ainsi une sorte de folk "domestique" !

 

Tellement fragile en apparence ces chansons, ou plutôt ces comptines pour adultes rêveurs, qu'ont a, d'en un premier temps, peur de les abîmer ! Et c'est là que la magie oppère. On se retrouve, après plusieurs écoutes, happé par ces ritournelles quasi chamaniques. Elles en deviennent alors de véritables exorcisme aux ancestales peurs enfantines !

Et les deux voix contribuent totalement à l'envoûtement, tellement différentes mais complémentaires : "opératique" pour l'une et "murmurée", plus folk pour l'autre !

Entre folk mystique, lo-fi, electronica déglingée, prouesses vocales et poésie enfantines, ces apprenties sorcières ont réalisé un disque unique, véritable O.V.N.I dans le paysage musicale actuelle !

Ainsi, on traverse ce disque comme dans un "rêve éveillé" et on n'en ressort pas indemne ! Aujourd'hui encore, je l'écoute régulièrement et la magie oppère toujours, comme si je venais de le découvrir !

"La maison de mon rêve" est vraiment une oeuvre préçieuse, inusable et intemporelle ! Un disque unique et totalement habité. Et je me plais à l'imaginer en B.O de ma "Nuit du chasseur", sa musique se perdant dans les magnifiques plans en noir & blanc de Stanley Cortez (chef op' aussi du film fou "Shock corridor" de Sam Fuller) !!!!   

 

En plus de leur musique, les deux soeurs écrivent de la poésie et peignent. Elles ont ouvert une galerie à Paris justement, 3 rue Nicolet dans le dix-huitième : "la Mad Vicky's Tea Gallery" ! Pour plus de détail, rendez-vous sur le sîte internet de CocoRosie. Voici l'adresse : http://www.cocorosieland.com/

 

Ma Note : * * * * * *                        

Par Francky 01 ou Chico+ - Publié dans : Folk-songwriting - Voir les 1 commentaires
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Vendredi 21 mars 2008 5 21 /03 /Mars /2008 17:47

Paris  Paris de nos jours. Pierre (Romain Duris), jeune danseur, apprend qu'il est malade du coeur et se demande s'il va mourrir ! Son état lui donne un regard neuf sur sa vie, sur celle des gens qu'il observe du haut de son appart', sur tout les habitants de sa ville, sur la VIE ! La soeur de Pierre, assistante sociale (Juliette Binoche), un prof' d'histoire torturé (Fabrice Luchini), une de ses étudiante (Annelise Hesme), son frère architecte (François Cluzet), sa femme, un psy (Maurice Bénichou), les vendeurs du marché (Albert Dupontel, Gilles Lelouches, Zinédine Soualem, Julie Ferrier), une boulangère réac' (Karine Viard), des mannequins, un concierge africain, un présentateur télé, un S.D.F, etc........Tous ces personnages apparamment ordinaires, que tout oppose, vont se trouver réunis dans cette ville, dans ce film !

 

Après Barcelone (L'auberge espagnole) et Moscou (Les poupées russes), retour de Cédric Klapisch dans sa ville de prédilection, Paris ! Comme vous l'aurez compris, "Paris" est un film polyphonique, un film chorale où vont se croiser une pléiade de personnages au gré d'un scénario superbement construit. On suit ainsi la destinée de chacun sans jamais perdre le fil de l'histoire. Tous ont leurs problèmes, leurs tourments mais aussi leurs lots de joie, d'amour et d'espoir, différent bien sur. Mais tous ont en commun leur ville, Paris. Et elle n'est pas que le simple lieu de l'action. Personnage à part entière, elle est aussi le lien qui les uni, sorte de "mère" commune à tous ! Cédric Klapisch l'avait déjà filmé. Le Paris de sa jeunesse étudiante (Le péril jeune), de son quartier (Chacun cherche son chat), d'un hypothétique futur (Peut-être). Cette fois, c'est le Paris actuel, magnifiquement mis en image à l'aide de son chef opérateur Christophe Beaucarne (Les frères Larrieu, Manuel Poirier, etc..). Sous l'oeil de sa caméra, il magnifie cette ville sans jamais tomber dans un décorum "carte postale" ! Ainsi, il insuffle à ce film qui n'aurrait pu qu'être qu'une simple fresque "géographique" une véritable humanité, notamment grâce au regard plein de tendresse qu'il porte sur chaque personnage, même les moins sympathiques. Et il évite le piège du film "touristique", le "regarde comme ma ville est belle", le Paris sous "cloche" !

La mise en scène inventive nous offre des scènes magnifiques, comme le cauchemar "3D style jeu vidéo" de l'architecte. Et celle où Juliette Binoche descend les poubelles de son frère. L'ayant mal mise, le concierge africain la replace et ensuite poste sa lettre à son frère resté au pays. Dans le plan suivant, on voit en même temps le camion poubelle arriver ainsi que le facteur. Le réalisateur, par le montage, uni ces deux personnages. Il en est ainsi de tous les autres qui, directement ou indirectement, sont unis dans une même ville, dans une histoire commune !

N'est-ce pas cela, la vie d'une ville ?  "Une solitude peuplée" disait Léo Ferré !

 

Comme d'habitude, la bande son est particulièrement soignée. Elle malaxe habilement Kraked Unit, l'electro trip-hop de Wax Tailors (le superbe "Seize the day"), le funk de Quincy Jones et Wilson Pickett, le "Louxor, j'adore" de Katerine et la douceur d'Erik Satie !

On ressort de ce film bouleversé, touché par tant de sincérité, de poésie du quotidien, bref, par autant de VIE en 2h10 min !

Perso, je ne suis pas un très grand fan du cinéma de Klapisch. Mais là, force est de reconnaître qu'il a réalisé son meilleur film, un véritable petit bijou ! A ne pas louper !!!!!!!!                    

Par Francky 01 ou Chico+ - Publié dans : Cinéma/DVD - Voir les 0 commentaires
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Vendredi 21 mars 2008 5 21 /03 /Mars /2008 11:19

JimJarmusch-1996-year_of_the_horse.jpg

Depuis quelques temps, 2 ou 3 ans, je découvre réellement le "loner" du rock, alias NEIL YOUNG ! Bien-sur, je connaissais la fantastique B.O de "Dead Man" de son pote Jim Jarmusch mais je n'avais jamais écouté sérieusement ses albums. Et c'est une véritable plongée en apné dans les abymes rock que j'effectue tant son oeuvre est immense, bouleversante de sincérité, d'autenticité et de créativité ! C'est un véritable résistant, un symbole absolu du veillissement digne dans le milieu du rock, peut-être le seul.

Hasard du calendrier télévisuelle, récemment la TNT chaine Virgin 17 a diffusé "Years of the Horse", le superbe documentaire que Jim Jarmusch lui a consacré. Lui, le fan de le première heure et ami l'a suivit dans son épique tournée de 1996, accompagné de son fidèle groupe le Crazy Horse ! Entièrement filmé en super-8, ce film alterne interviews et morçeaux live. Mais la véritable idée formelle est d'avoir monté en paralèlle les prestations live de 1996 avec des archives d'un concert de 1976. Ainsi, les deux couches de films mixées ensemble provoquent un déphasage temporel, montrant à quel point la force de frappe de ce groupe est resté intact et la voix de Neil aussi pure et sincère, malgré les années !

L'autre intéret est dans les confidences du groupe. Ils reviennent sur l'épisode tragique du décès par overdose de leur ancien guitariste et ami, Danny Whitten. Tout en pudeur, on comprend le traumatisme encore présent que cette tragédie a eu sur le groupe ! Et cette scène d'ouverture où chaque membre se présente face caméra. Là, Neil Young de déclarer : "Je suis juste le guitariste de Crazy Horse". Elle résume à elle seul l'union et l'humilité qui les unis ! Ainsi, "Year of the horse" fait partie, sans conteste, d'un des meilleurs documentaires-rock, ou rockumentaire.

Depuis ma "découverte" de cette icône rock, j'ai écouté nombre de ces albums. Dans mon panthéon personelle, se trouve la matrice fondatrice "Everybogy know this his nowhere" (1969), l'épique sommet folk-rock-country "Harvest" (1972), l'électrique "On the beach"1974, l'émouvant et sombre "Tonight's the night" (1975 et dédié à Danny Whitten) et la même année son chef d'oeuvre méconnu "Zuma", l'antirouille "Rust never sleep"1978, le grungy "Mirror Ball" (1995) joué avec Pearl Jam, l'acoustique "Live at massey Hall" (1971) seulement rédité en CD, etc..

"Neil est à la fois le feu sacré et l'homme qui veille sur le feu sacré" dixit Jim Jarmusch ! Cette phrase résume à elle seule parfaitement Neil Young. Un artiste incorruptible, créatif, vouant sa vie entière à la musique, n'acceptant aucun compromis et exemplaire tout le temps, même dans les fatidiques années 80 pour nombre de grands noms du rock (même si ce n'est pas sa meilleur période) ! Il a presque tout joué : folk, rock, country et même le grunge dont il est reconnu comme le parrain par Nirvana entre autre. Et que dire de ces trois derniers albums (2005, 2006, 2007) et de son engagement anti-Bush, notamment sur "Living with war" de 2006 !

Je pourrais encore parler des heures de ce "Chamane-rock" tellement il m'a touché. Mais au lieu de blabla, le seul conseil que modestement je donnerai, c'est de plonger dans son oeuvre. En commençant par "Harvest", "Everybogy know this his nowhere" et "On the beach" qui sont de bonnee clés d'entrée dans son univers. Et aussi de visionner "Year of the horse" afin de saisir la puissance de feu de Neil  Young & The crazy horse en action ! En espérant vous avoir conquis à sa cause, a +

 

Petite sélecta subjective et personnelle :

 

album200150_2.jpg 1971neilyoung_harvest_3.gif 1974neilyoung_onthebeach_3.gif 1975neilyoug_zuma.jpg 1978neilyoung_rustneversleep_4.gif 1995neilyoung_mirrorball.jpg neilyoung_tonightsthenight.jpg N.Young-1994_Sleeps.jpegarcweld.jpg

Par Francky 01 ou Chico+ - Publié dans : Neil Young - Voir les 0 commentaires
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Jeudi 13 mars 2008 4 13 /03 /Mars /2008 17:41

Dionysoslamecaniqueducoeur "La mécanique du coeur" de DIONYSOS.


Comment parler d'un tel disque ? Un disque si original et habité qu'on a du mal à s'en remettre ! Un disque qu'on ne pénètre pleinement qu'après plusieurs écoutes tellement l'univers qu'il renferme est énorme, novateur et créatif ! Un album concept plus exactement. Je sais, le mot peut faire peur car les réussite en ce domaine ne sont pas légion et que Gainsbourg a placé la barre si haut avec "L'histoire de Mélody Nelson" et "L'homme à la tête de chou". Mais toutes craintes disparaissent à la vue du niveau d'excellence que Dionysos atteint là !

Alors, après ces quelques précisions, entrons dans le vif du sujet. Concept album je disais car il est adapté du roman éponyme du chanteur, alias Matthias Malzieu.

 

L'histoire : Edimbourg, 1874 ! Jack, le héros, naît le jour le plus froid du monde et son coeur en reste gelé. Madeleine, sage-femme dite folle, le sauve en remplaçant ledit coeur par une horloge. Jack ainsi vivra mais à condition de ne pas toucher ses aiguilles, maîtriser sa colère et surtout ne jamais, ô grand jamais tomber amoureux ! Mais il succombe aux charmes d'une p'tite chanteuse des rues, Miss Acacia. L'ayant perdu, il se lance dans une folle aventure dont l'issue de cette quête amoureuse ne pourra qu'être fatale !


Ainsi, album concept oblige, chaque titre illustre merveilleusement une partie de l'histoire. Oscillant entre conte gothique et fable onirique, peuplé de personnages loufoques, déjantés et haut en couleurs, ce disque est une véritable réussite. Pour incarner ces différents personnages, Dionysos a fait appel à un casting quatre étoiles. Emily Loiseau (Madeleine, l'étrange sage-femme), Arthur H (Le clodo alcoolique ex policier), Olivia Ruiz (Miss Acacia), l'actrice Rossy De Palma (Luna, la prostituée malicieuse), le slammeur Grand Corps Malade (Joe, l'amoureux jaloux de Miss Acacia), l'acteur Jean Rochefort (Georgues Méliès le prestidigateur), Alain Bashung (Jack l'évrentreur) et le footballeur Eric Cantona (Giants Jack, le narrateur devenu grand) !


Tous ces noms prestigieux et insolites servent magnifiquement leurs personnages et apportent avec eux leurs influences musicales et cinématographiques. Références musicales justement ! "La mécanique du coeur" est un véritable multing pot musicale où rock nerveux, hip-hop, chanson guinguette, vieux blues et accents morriconiens partouzent en toute liberté et cohérence ! Beaucoup de rythmiques sont façonnées à partir de sons d'horloges, métaphore parfaite du nouveau coeur de Jack. On retrouve, comme sur le précédent "Monsters in love" pléthore d'instruments. Aux habituelles guitares, basses, batteries rock se sont adjoint le ukulélé, le glockenspiel, le mellotron, les scratches et progammations électros. Mais aussi les magnifiquent arrangements de cuivres et de cordes signés Olivier Daviaud. Ils finalisent en beauté le coté bande original du film imaginaire que Matthias rêve de tourner un jour.

Coté cinématographe justement, à l'écoute de ce disque hors norme, on pense à la poésie gothique de Burton et du "Freaks" de Todd Browning, à l'étrangeté et à la perversion du réel de Lynch, aux Farrely pour les personnages et à Jarmusch auquel Matthias a consacré son mémoire de fin d'étude de cinéma.

Après Steve Albini ("Western sous la neige" 2002) et John Parish ("Monsters in love" 2005), c'est Dionysos lui-même qui a produit ce disque, aidé de l'indispensable Olivier Daviaud, que Matthias a rencontré pendant l'enregistrement de "La femme chocolat" d'Olivia Ruiz !

Pour la troisième fois, le visuel est signé par leur pote, le dessinateur B.D Joann Sfar (le chat du rabbin, Petit et Grand vampire, etc..). Les deux univers fusionnent parfaitement tant ils partagent la même esthétique baroque, gothique et loufoque.

Offert à noël, ce disque tourne en boucle sur ma platine. Et à chaque écoute, j'en découvre la poésie, la beauté et en perce un peu plus le mystère ! Ne serait-ce pas cela, un CHEF-D'OEUVRE ? J'en ai bien l'impression !!!!!!!!!!

 

 

 

 

Par Francky 01 ou Chico+ - Publié dans : chanson/rock français - Voir les 0 commentaires
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Lundi 10 mars 2008 1 10 /03 /Mars /2008 09:59

Elephant_85 Keithharing6 Salut à toi, lecteur de mon blog !


La photo est un tableau d'un peintre américain que j'affectionne énormément, Keith Haring. Au musée d'Art Contemporain de Lyon se déroule actuellement une grande retrospective inédite de tout son travail. Il aurait eu 50 ans le 4 mai si, un jour de février 1990, le destin en avait décidé autrement ! Paix à son âme ! Je vous reparlerais de cet artiste et de l'expo une fois que je l'aurais visité. Voici un "poème" que j'ai écrit récemment. Je l'ai nommé "Les sentiments".


           LES SENTIMENTS :

La présence des sentiments fait souffrir.

Parfois joyeux, mais souvent douloureux

Comme un mal qui ne cesse de finir,

Il ne tiend qu'a nous de les rendre heureux.

Ils peuvent s'exprimer différement.

Et nous, perdu dans ces dédales obscures,

Nous avançons, hagard comme les déments,

A la recherche d'espoir pour le futur.

Leur présence nous fait donc ainsi souffrir.

Mais bien pire que tout serait leur abscence,

Car, malgré qu'ils provoquent nos errances

Ils sont là, cadeaux qu'la vie va offrir

A nous tous, nous rendant ainsi humain. 

Douleur et souffrance, tristesse et chagrin

Mais AMOUR,JOIE, EXTASE et ESPERENCE

Permettent d'équilibré la balance !

 

keithharing8.jpg 

 

Par Francky 01 ou Chico+ - Publié dans : méditation existentielle - Voir les 1 commentaires
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