Samedi 23 avril 2011
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« Bichon »
Julien Doré (2011)
Dès ses premières apparitions télévisuelles à « La Nouvelle
Star », avec ses reprises dantesques (« Moi Lolita » reste un modèle transcendantal de l’originale), ses références extras (Marcel
Duchamps, Guy Debord, Herman Düne, etc.) et son univers très marqué, j’ai su que l’on tenait là un talent unique, un artiste, un vrai. A ma grande
surprise il a gagné cette émission (et surtout l’admiration du public indie), extraterrestre en son sein comme un loup dans la bergerie (voir l’article que j’avais écris pour le blog
Christorama ici :link).
Il a ainsi pu sortir un premier album très personnel en 2008, l’excellentissime
« Ersatz » (n°17 top disques perso 2008). On peut dire que j’ai suivi en direct l’évolution de Julien Doré.
J’ai eu, on a eu la chance de le voir éclore ce talent, grandir pour s’affirmer totalement. Et trois ans plus tard, le voici de retour, plus flamboyant que jamais, avec
« Bichon ».
Comment allait-il passer le cap décisif et difficile du second album ??
Allait-il confirmer tout les espoirs placés sur lui ou au contraire faire du sur place, ou pire s’effondrer ?? Et bien, je vais être direct !. « Bichon » est un très grand disque et Julien Doré s’affirme comme un auteur français majeur sur lequel il faudra désormais compter.
Dans les années 70’, un slogan très connu disait : « En France, on n’a
pas de pétrole, mais on a des idées ». Et il en a justement des idées Julien. Ca bouillonne, ça foisonne même dans son cerveau tellement il en a !
A nouveau pour ce disque, Julien joue de la guitare, chante, compose
et écrit. Il s’est aussi parfaitement entouré, formant un super band de musiciens virtuoses. Arman Méliès (« Casino » 08), déjà présent sur le premier disque à la guitare (au jeu tout en subtilité), Julien Noël aux claviers, Laurent
Bardainne au saxophone et une section rythmique d’enfer : Laurent Vernerey à la basse et Vincent Taeger à la batterie et percussions. Mais aussi
comme sur « Ersatz », il y a les duos, parfois très inattendus comme « Homosexuel » avec……Yvette
Horner (oui, oui, c’est bien elle !!) à l’accordéon, la belle et éternellement jeune Françoise Hardy sur le très poétique et planant « BB
Baleine » puis la chanteuse/danseuse/comédienne algérienne Biyouna pour 2 morceaux, « Bergman » et « Wrong », titre présent sur le deuxième
disques bonus. Ce super band accompagnent magnifiquement Mister Doré qui alterne passages chantés, toujours de sa voix suave, rauque et sensuelle avec des passages plus
parlés façon talk-over qui se prête totalement aux morceaux.
Avec lui, la chanson française devient un joli bordel dont il aurait ouvert
tout grand les fenêtres afin de laisser entrer les influences les plus diverses. Ainsi la chanson partouze allègrement avec l’électro tendance trip hop et
l’electro-pop, le folk, la pop ou le rock.
Surréaliste, dadaïste, conceptuel (à la Duchamps), sensuel voir
érotique cru ( écoutez certaines paroles), références arty, jeux de mots, poétique, onirique : Ainsi pourrait on, en partie, définir l’univers de ce disque. Et Une petite dose de kitch (la
pochette, le titre) pour compléter le tableau.
La production du disque est particulièrement travaillée, chiadée et inventive. Elle
met très bien en relief les arrangements pour faire rayonner chaque titre. Déjà à bord sur « Ersatz », c’est Renaud
Letang, producteur au casting XXL (Feist, La Rumeur, Katerine, etc.) qui s’en est chargé ainsi que du mixage.
En passant parfaitement le cap fatidique du second album, Julien
Doré confirme toute l’étendu de son talent et impose son univers hors norme si personnel. Et n’en déplaise à certains qui trouve ce disque trop proche de Katerine
(notamment la pochette ??) et de Gainsbourg (surtout l’année des 20 ans de sa disparition ??), « Bichon » est un des meilleurs albums français de l’année.
Alors, quand on vous disait qu’en France, que l’on n’avait pas de pétrole mais des
idées, en voici la preuve éclatante !!!!
Mon avis :
* * * * * * * (5*)
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