Vendredi 15 juillet 2011
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1977 : Année
tout de bruit et de fureur. L’Angleterre est à feu et à sang. La porte de la monarchie vacille sous les coups de bélier du Punk. L’explosion de ce mouvement contestataire, nourri du désespoir et du conservatisme, retentit dans tout le pays et, par extension, dans le monde entier. Le punk, ses provocations, ses
paroles rageuses et ses assauts de guitares minimalistes. « Joue d’abord, apprend ensuite », telle était la devise de ces non-musiciens
pour la plupart, Do It Yourself !!!
1977 : Année de
sortie des futurs grands classiques discographiques de ce mouvement. The Clash et son premier
disque éponyme, Sex Pistols et son unique « Never Mind The Bollocks » (brûlot rock ultime), The Jam « In The City »,
The Damned « Damned Damned Damned », etc...Ce mouvement nihilistes, no
future est au firmament et vit en beauté son point culminant. Mais ses jours son déjà comptés. Le punk, en pleine apogée, ne sera qu’éphémère, véritable étoile filante rock ! Et tant
mieux, « mourir jeune et faire un beau cadavre ».
Mais 1977 :
C’est aussi, « Low » + « Heroes » du duo Bowie /
Eno et « The Idiot » + « Lust For Life »
d’Iggy Pop.
C’est dans cette ambiance incendiaire qu’Iggy Pop, LE first Punk, leur grand frère à tous, sort son premier
disque solo sans ses Stooges, « The Idiot ». Iggy alias l’iguane alterne séjours en
psychiatrie et excès de coke et d’héro. Mais Iggy est repêché du caniveau par son ami le Caméléon alias David Bowie. L’iguane et le caméléon réunis, ils
partiront ensemble à Berlin rejoindre Brian Eno et écriront une grande page de l’histoire de la pop musique.
En effet, Bowie et Eno vont entreprendre un chantier pop colossal, la création d’un édifice en trois partie à l’architecture sonore avant-gardiste et hors-norme qui deviendra la mythique trilogie Berlinoise.
« Low » sortira en janvier, suivie de
« Heroes » quelques mois plus tard de cette même année, pour conclure sur « Lodger » en 1979. Iggy, épaulé par son sauveur
déjanté Bowie, réalise deux disques la même année et deux coups de génie : « The Idiot » suivit de
« Lust For Life ».
« The Idiot », c’est 8 morceaux dont des futurs classiques comme
« Sister Midnight », « Nightclubbing » et même « China Girl », titre repris par Bowie sur son « Let’s Dance » (1982).
La musique de cet album alterne rock, post-punk, krautrock à la Kraftwerk ou
Neu ! et même disco. Une musique qui s’écoute et se danse même, et pas qu’en pogo endiablé.
Ce disque est produit par David Bowie en personne, que l’on retrouve aussi au synthétiseur, piano, guitare,
saxophone, xylophone et aux chœurs.
« The Idiot », c’est un peu la face B de
« Heroes », sa relecture façon Iggy Pop. A moins que ça ne soit l’inverse.
Parallèlement, Bowie et Eno sont donc en plein travail sur leur pharaonique trilogie. Face à
l’effervescence créative du duo, Iggy le proto-punk, longtemps adepte d’un blues rock garage bien graisseux comme du temps de The Stooges, subit une
véritable mue artistique, poursuivie sur le disque suivant « Lust For Life » (1977, production de Bowie/Iggy Pop).
Les paroles d’un de ses titres sont particulièrement emblématique de ce changement : le n°6, « The
Passenger ». Une langue nouvelle était en train de s’écrire, un « növö langage » comme le fera remarquer très justement Philippe Robert dans son
excellent livre « Post-punk, No Wave, Indus & Noise » (2011, édition Le Mot Et Le Reste, ma
critique ici «Post Punk, No Wave, Indus & Noise» de Philippe Robert
).
Ces deux disques, tout comme « Heroes », annoncent le début du
Post-punk. Les paroles de « The Passenger » sont totalement apolitiques, dénuées d’engagement. Elles narrent l’histoire d’un type assis à l’arrière d’une voiture, qui
observe la ville défiler sous ses yeux.
Le mouvement Punk voulait tout détruire, faire table rase du passé, tabula rasa, et chantait la révolution
collective.
Le mouvement Post-punk est plus fataliste, propose l’Art comme solution ainsi que l’exploration intérieure individuelle et
porte l’expérimentation comme priorité.
Quand je pense à « The Idiot », je ne peux le détacher de son
frère « Lust For Life » ainsi que « Low » (dont
Iggy fera les chœurs) et « Heroes » de David Bowie (et Eno). Quatre chefs
d’œuvres la même année. Qui dit mieux ??
Alors 1977, année de bruit et de fureur du
punk minimaliste certes, mais aussi année créative de la pop avant gardiste !!!!!
P.S : C'est bien "Lust For Life" au lieu de "Lush
For Life", comme j'avais écris avant correction. Merci Ludo d'avoir remarqué mon erreur
!
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