Cinéma/DVD

Dimanche 1 janvier 2012 7 01 /01 /Jan /2012 02:18

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"La Délicatesse" - David & Stéphane Foenkinos (2011) France

* * * * * *   *

Samedi 31 décembre 2011, séance de 17 h. Je termine mon année (cinéma) en beauté par ce film magnifique, rempli de tendresse, d'émotions et de.......délicatesse

 "La délicatesse" est une oeuvre somptueuse à la mise en scène virtuose. Une oeuvre débordante d'inventivité formelle, narrative et scénaristiques, superbement interprétée par d'excellent(e)s actrices/acteurs (sublime Audrey Tautou) aux services de personnages à la psychologie extrêmement fouillée. Un grand film, du grand ART !!!

J'ai débuté l'année avec «Poupoupidou» de Gérald Hustache-Mathieu (MON n°1 cinéma 2011) et je l'a termine avec celui-ci, autre film français. De quoi donner espoir envers le 7ème Art made in France.......donner espoir envers la Création Artistique donc la vie donc l'Homme (car vie et création ne font qu'un, s'inspirent mutuellement).

Espoir, un mot limite ringard de nos jours.....mais tellement important !!! Espoir, sérénité et bonheur pour 2012, pour vous toutes et tous....Je vous les souhaite vraiment de tout coeur !!!!!

Par Francky 01 - Publié dans : Cinéma/DVD - Voir les 1 commentaires
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Lundi 1 août 2011 1 01 /08 /Août /2011 21:55

SofiaCoppola-2011-Somewhere

« Somewhere » de Sophia Coppola (2011) U.S.A

Note : * * * * * *  * 

Johnny Marco (Stephen Dorf), acteur à succès, passe son temps entre tournages, interviews, faire la fête, baiser ou errer dans les couloirs de l’Hôtel Château Marmont qui lui sert de maison, etc..Bref, son existence est d’une totale vacuité. C’est alors que déboule sa fille Cléo (Elle Fanning) pour passer 15 jours ensemble. Ils vont se r(e)découvrir, apprendre à se connaitre et à s’aimer et elle va ainsi redonner un sens à sa vie.

 

Depuis ses débuts avec l’éblouissant « Virgin Suicides » (1999), Sophia Coppola filme inlassablement la même chose, comme une thématique récurrente (voire obsessionnelle) : Des êtres qui se cherchent, des gens paumés dont les existences semblent vide de sens. Sophia Coppola, cinéaste du mal de vivre, de l’ennui et du vide existentiel ??? En tout cas, ça en a tout l’air.

 

« Somewhere », bien qu’ayant une trame scénaristique, ne possède ni début, ni fin véritable. L’histoire aurait très bien pu commencer avant et se finir après. Et le comble, c’est qu’au milieu, il ne s’y passe presque rien. Presque rien ????? En apparence seulement, car comme chez Wong Kar Wai ou Gus Van Sant, le plus fort, le plus beau n’est pas dis, n’est pas réellement montré mais suggéré. C’est un cinéma du non-dit, une sorte de poésie visuelle suggestive. Le spectateur se retrouve ainsi actif (intellectuellement parlant) au lieu de la passivité habituelle auquel il est confronté avec les ¾ des productions sortant chaque année.

Sophia Coppola n’hésite pas à jouer sur la durée des plans, le hors-champ et la lenteur. Ses films sont contemplatifs, remplis de scènes éthérées où des personnages lunaires divaguent sur des musiques planantes. « Somewhere » s’inscrit donc totalement dans son œuvre, sans rupture ni changement. D’où la sensation pour certains de voir toujours le même film et d’éprouver un certain ennui.

La musique est fondamentale dans le petit univers de Miss Coppola. Ses B.O sont de véritables playlists « indie » idéales, nourries de son éclectisme musical très pointu. Ainsi se côtoient en toute sérénité l’electronica / drum’n’bass de Squarepusher, Air, Death In Vegas et Aphex Twins, le post-punk / shoegaze de Kevin Shields, My Bloody Valentine, The Jesus and Mary Chain, Gang Of Four, Radio Dept. et New Order, la cold wave de Siouxsie and the Bansheeset The Cure, la pop et le folk de Sébastien Tellier, The Strokes, et bien sur de Phoenix (dont le chanteur est son boyfriend).

 

Au final, un film sympa, poétique mais qui aurait pu gagner en épaisseur. Certains le trouveront peut être ennuyeux. Heureusement, sa courte durée (1h40min) n’amplifie pas cette sensation.

Mais avec une mise en scène virtuose, un travail pertinent sur les plans, un bon jeu d’acteur (basé sur l’épure, le minimalisme) et surtout une superbe utilisation de la musique, magnifiant ainsi certaines scènes, « Somewhere » reste très correct. Evidemment, il n’arrive pas au niveau de son chef d’œuvre « Lost In Translation ». Mais on ne peut pas toujours exceller. En tout cas, je dis vivement le prochain !!!

 

Alors, Sophia Coppola, cinéaste indie pop ?????? A vous de juger !

Par Francky 01 - Publié dans : Cinéma/DVD - Voir les 1 commentaires
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Jeudi 28 avril 2011 4 28 /04 /Avr /2011 21:31

DucanJones-2011-SourceCode.jpg

« Source Code » de Ducan Jones (2011)

 

Le pitch : Un homme (Jake Gyllenhaal) se réveille dans un train de banlieue assis en face d’une jolie femme qui visiblement le connaît bien (Michelle Monaghan). Lui semble comme amnésique. Désorienté, il essaye de comprendre et se rend compte qu’il est dans le corps d’un autre quand tout à coup le train explose. Et il se retrouve dans une sorte de caisson où il apprend qu’il participe à une expérience, « le code source » et qu’il a pour mission d’identifier le terroriste et d’empêcher une autre série d’attentats. Ainsi, on le projette 8 min avant la catastrophe et revit donc toujours la même scène.

 

Ducan Jones, le réalisateur de « Source Code », n’est pas un inconnu (surtout pour le monde du rock) car c’est le fils du grand David Bowie. Il signe-là son second long métrage après « Moon » en 2009. « Source Code », film de science fiction indépendant, pourrait être le croisement entre « Inception » (le coté SF intello et métaphysique), « Un jour sans fin » (la même scène éternellement vécue), « L’armée des douze singes » (l’histoire d’amour, l’image persistante de la femme, menace terroriste), la série télé des années 90 « Code Quantum » (projection dans un autre corps, voyage temporel) et le film antimilitariste « Johnny s’en va t’en guerre » (ce corps mutilé communicant par signes). Mais réduire ce film à ces références ne serait pas juste car on nierait l’auteur et son univers très personnel.

 

A / Comment filmer la même scène répétée plusieurs fois, avec des allers-retours passé/présent, sans ennuyer ou perdre le spectateur ????


Ducan Joness’est sûrement posé cette question. Il a su trouver la réponse adaptée.


1 La mise en scène : Elle est très fluide, inventive et n’hésite pas à utiliser des détails très identifiables qui sont bien montrés chaque fois.

2 La même chose mais différemment : Le héros, d’abord perdu (comme le spectateur), comprend petit à petit les enjeux et le mécanisme de fonctionnement, comme les règles d’un jeu de rôle qu’il apprendrait au fur et à mesure. Lorsque le film avance, le héros agit de manière différente et modifie la scène qui devient donc chaque fois unique. Ainsi le personnage principal en devient presque son propre scénariste et même celui du film.

3 En intégrant une passion amoureuse : Au début du film, notre héros se réveille face à cette femme pleine de charme. Il revit donc cette rencontre à chaque fois. Petit à petit, il l’a découvre mieux jusqu’à en tomber amoureux. Ducan Jones rajoute un élément fédérateur qui ouvre un vaste champ des possibles scénaristique afin de pimenter cette fameuse scène samplée tout en humanisant les personnages. En effet, quoi de plus beau et universellement touchant qu’une histoire d’amour. C’est un atout supplémentaire pour accrocher le spectateur et qui permet aussi de faire basculer le film dans un mélodrame amoureux de science fiction.


B / En remontant dans le passé, peut-on infléchir le cours du temps ou est-ce qu’il est impossible de changer ce qui est arrivé ????


C’est l’un des enjeux majeurs qui est au cœur de ce film et la question qui taraude notre héros. Malgré les affirmations du scientifique dirigeant l’expérience, il acquière la certitude qu’il peut réécrire le passé et changer la fin de l’histoire. Ce qui s’annonce au départ comme un bon film de série B prend une tournure d’œuvre complexe remplie de questionnement, un grand film théorique à portée métaphysique. Et tout ça sans jamais renier son rôle de divertissement grand public (mais à budget modéré, à la différence de « Inception »).


Deux niveaux de lecture, deux films pour le prix d’un. Si ce n’est pas un exploit ça !!

Par Francky 01 - Publié dans : Cinéma/DVD - Voir les 0 commentaires
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Lundi 24 janvier 2011 1 24 /01 /Jan /2011 00:54

 

Nirvana-ClassicAlbum.jpg

 

 

Hier soir j’ai revu le DVD de la série Classic Album consacré à « Nevermind » de Nirvana. Quel choc, 20 ans après la découverte adolescent de ce disque monstre, de revoir les protagonistes clés de cet album devenu mythique et même pourrait-on dire un classique.

Ce DVD retrace l’enregistrement des différents morceaux composant ce disque. On y voit le bassiste Krist Novosselic, le batteur Dave Grohl, le manager, Thurstom Moore de Sonic Youth et surtout Butch Vig, le producteur/ingénieur du son sur « Nevermind ». Pour chaque titre, il se trouve derrière sa console et décompose les différentes pistes, nous montre les secrets de fabrique : voix doublées par-ci, guitares empilées par là. Il explique que le morceau le plus dur à enregistrer a été « Something in the Way » qui clôt le disque. Après plusieurs prises infructueuses, Kurt a rejoint Butch dans sa cabine et lui a expliqué ce qu’il avait en tête. L’ingénieur a tout éteint ce qui faisait du bruit, a mis 2 micro et l’a laissé jouer avec sa guitare acoustique et sa voix presque susurrée. Et les autres ont du se caler en douceur sur lui (surtout Dave Grohl qui avait l’habitude de frapper comme un fou sur ces futs). Et ils ont ajouté ce magnifique violoncelle pour donner au final un des morceaux les plus touchants.

Aussi, on comprend comment le trio voulant juste faire un bon album a accouché d’un phénomène planétaire. Mais pourquoi ??? Plusieurs raisons à cela :

La première est que Nirvana jouait avec une énorme sincérité, notamment Kurt Cobain qui chantait chaque titre comme si sa vie en dépendait. Mais aussi grâce à leur immense savoir faire musical. Ils possédaient un art de la mélodie inouï et ont été capable de fusionner l’urgence du punk, l’agressivité du hardcore et les mélodies pop dignes des Beatles.

La seconde, c’est que ses paroles parlaient de mal être adolescent (ou jeune adulte), comment trouver sa place dans une société où ceux qui ne sont pas dans la course aux profits, la compétitivité sont out ! Elles s’adressaient ainsi aux exclus, aux loosers, aux paumés mais aussi à tous ceux qui sont en quête de sens, qui se sentent perdus. Ce public que Douglas Coupland à appelé la génération X, ou jeunesse désillusionnée. Le titre le plus emblématique est celui de leur carton planétaire, « Smells Like Teen Spirit » (grosso modo « Sent comme un esprit ado » en traduction), titre ô combien adolescent dans l’esprit.

On sait aussi l’importance de la chaine MTV qui a passé en boucle ce titre, tenant là le tube underground capable d’être diffusé.

Mais surtout, comme l’a pu être Joy Division avant eux par exemple, le succès en moins, ce groupe a su symboliser une musique et son temps, sorte de synthèse musicale du désespoir et de l’ennui de la jeunesse internationale.

Mais étaient-ils prêt à devenir de telles stars, de véritables porte parole de la jeunesse ??? Et le voulaient-ils ??? Quand on connait la fin de l’histoire, on sait bien que non !!!

La série Classic Album est très intéressante pour tous ceux qui veulent comprendre comment se fabrique les disques devenus classiques, leurs anecdotes, etc. Celui-ci est très réussi mais j’ai aussi vu celui sur « Nevermind The Boolocks » (Sex Pistols), « Electric Ladyland » (Jimi Hendrix) qui sont tout aussi bons.

Alors, n’hésitez pas car on les trouve souvent à prix cassés !!!! Un très bon achat !!!

Par Francky 01 - Publié dans : Cinéma/DVD - Voir les 1 commentaires
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Lundi 17 janvier 2011 1 17 /01 /Jan /2011 23:56

Popoupidou-2.jpg

 

 

David Rousseau, un écrivain de polar à succès en panne d’inspiration (Jean-Paul Rouve), se retrouve à Mouthe au fin fond du Jura, pour une vague histoire de succession. Au même moment, une starlette et égérie locale Candice Lecoeur (la sensuelle Sophie Quinton) est retrouvée morte dans la neige de ce village, au cœur d’une zone de non droit, bizarrerie administrative qui empêche toute enquête. La police atteste donc la thèse du suicide. Affaire classée. Classée, pas vraiment pour tous : l’écrivain tout d’abord, qui croit tenir là son nouveau roman ainsi que l’adjoint du shérif local.

Des immenses paysages enneigés, des petits villages perdus au fin fond de la France. Son ennui inhérent, ses hivers rigoureux, l’électricité qui se coupe à cause de la neige, l’isolement des gens, la rudesse de la vie…Tel pourrait être la présentation anti-commerciale de cette région, sorte de non carte de visite touristique. Tel est le contexte de ce film, le décor pour ce faux polar ou plutôt ce polar atmosphérique où l’environnement, l’évolution des personnages priment sur le résultat de l’enquête. Nous naviguons ainsi en pleine chronique sociale et étude socio-psychologique.

Quand l’histoire débute, l’héroïne est déjà morte, les jeux sont faits pour elle. Mais son personnage est pourtant présent tout le long du film, sorte de présence fantôme. Une présence onirique, par sa pensée en voix of ou physique, lors des flashbacks savamment mis en scène. Avec la lecture de ses carnets intimes, on remonte le fil de sa vie et on arrive petit à petit à comprendre ce qui l’a amené à sa perte. Ainsi le film glisse dans le surnaturel, le mystique mais sans jamais l’admettre réellement. Et cela prend un tour encore plus important quand David Rousseau est persuadé du parallèle entre la vie de Candice Lecoeur et celle de……Marilyn Monroe (d’où le titre) ! Il va même jusqu’à croire que ce pourrait être la réincarnation de Marilyn, mais en version Jurassienne, et mettre en évidence tous les éléments semblables entre elle et la vrai Marilyn Monroe (chaque personnage de cette histoire correspondrait à une personne ayant réellement existé dans l’entourage de Marilyn). Folie ou réalité ??? L’intelligence du réalisateur Gérald Hustache-Mathieu est de laisser libre choix au spectateur de croire ce qu’il veut, laissant planer le doute. Le réalisateur va même plus loin dans le bizarre car l’écrivain/héros se sent en connexion avec la disparue et même imagine que si il l’avait rencontré avant, rien ne se serait peut être passé ! Comme une sorte de relation amicale ou amoureuse qui aurait du avoir lieu mais que le destin en a décidé autrement. Une non-histoire d’amour en quelque sorte.

C’est ainsi qu’on en vient, par certaines scènes, aux références avec d’autres cinéastes (que j’admire beaucoup). La découverte de la tête de l’héroïne dans la neige, le climat de bizarrerie ambiant peut rappeler David Lynch et son « Twin Peaks ». Cette enquête dans ces paysages enneigés peut aussi faire penser à « Fargo » des Coen. L’écrivain en panne d’inspiration partant dans des délires quasi mystiques renvoie à « Barton Fink » des Coen toujours ou à « Shinning » de Stanley Kubrick. Ces non-dits, cette non-histoire d’amour comme chez Wong Kar Wai. Mais à aucun moment ces références viennent écraser le film. Ce sont juste des clins d’œil d’un cinéaste amoureux du cinéma.

 

Vous l’aurez compris, « Poupoupidou » s’amuse à brouiller les pistes et mélanger les genres. Polar, chronique sociale, film atmosphérique et existentiel, réflexion sur la création et ses doutes inhérents, sur la célébrité, la réincarnation, le hasard, etc…Autant de thématiques abordées mais sans qu’aucune soient prioritaires ou qu’elles prennent le pas sur l’histoire.

Le film est magnifié par l’impeccable B.O très atmosphérique signé Stéphane Lopez. Outre ses compositions, il a intégré de magnifiques autres morceaux dont 5 signés du groupe français d’électro trip-pop Ava (belle découverte perso), Spoon, Xénia et sa reprise très inspirée de « I put a spell on you » (1 de mes morceaux fétiches), « California Dreaming » de toute beauté par José Feliciano. Même Sophie Quinton pousse superbement la chansonnette sur « Rewind ». Une B.O à l’image de son film, mélancolique, indé et élégiaque !!!

« Poupoupidou » est le genre de film que j’aime beaucoup : Au début, j’y suis allé sans rien attendre d’extraordinaire. Et sans m’en apercevoir, je me suis retrouvé absorbé par l’histoire pour après me rendre compte de l’expérience que je venais de vivre, de la porté métaphysique et de la réflexion abordée par cette petite œuvre.

Petite, pas par son ampleur et sa qualité mais par son budget et sa médiatisation, ou plutôt sa faible médiatisation. C’est typiquement le type de film dont j’aurais put facilement passer à côté.

Alors, ne faite pas ce que j’ai faillis faire, c’est à dire louper ce film. Un seul conseil : courrez voir « Poupoupidou » ! Vous ne le regrettez pas !!!!!

 

« Poupoupidou » de Gérald Hustache-Mathieu (2011) * * * * * *   *

Par Francky 01 - Publié dans : Cinéma/DVD - Voir les 3 commentaires
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Mercredi 5 janvier 2011 3 05 /01 /Jan /2011 21:50

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« Biutiful » d’Alejandro Gonzalez Iñarritu (2010)

 

Aux vues des premières minutes du film, avec ces plans très poétiques façon cinéma d’auteur expérimental quasi Bergmanien, j’ai cru que je mettais trompé de salle. Et le corps de Javier Barden apparut à l’écran. Ouf, c’était bien le bon film !

Ainsi commence « Biutiful », par cette séquence poétique, onirique, mystérieuse et inquiétante. Quand apparaît Javier Barden, au milieu de nulle part dans un paysage enneigé, il est rejoint par un autre homme. Cet étranger lui tient un étrange discours sur la mort puis lui offre une clope et tous deux fument. Dernière cigarette du condamné ? Mais où sont-ils et que font-ils ? Et qui sont-ils au juste ? On n’en sait rien pour l’instant. En tout cas, à ce moment là, on n’y comprend pas grand-chose. Simplement, on sent que la faucheuse rôde dans les parages, à l’affût d’âmes à emporter. Scène de mort ? « Biutiful », film de morts ????? On apprendra, mais que beaucoup plus tard, que cette scène est en fait la fin du film. Début et fin se confondent, fin qui bouclera la boucle (vitale) du récit, comme une vis sans fin. Comme le cycle de la vie, mais la vie avec un grand V, la vie terrestre.

Maladie, errance, rédemption, scènes métaphysiques, vie et mort sont les grandes thématiques du film.

La mort justement. Elle est là tout au long des 2h10, omniprésente comme souvent chez Iñarritu. En tout cas, elle en est le propos, presque un personnage, le fantôme d’un personnage. Ou plutôt un personnage fantôme qui est là, qui traine, insaisissable. Telles les antiques tragédies, les dés sont pipés, joués dès le départ, pas d’échappatoire possible ni de « Deus Ex-Machina » final !

Le lieu de l’action se passe dans une Barcelone des bas-fonds, hors des cartes postales touristiques. Uxbal, le héros du film (Javier Barden) a deux enfants et une ex-femme plutôt mal : prostituée, alcoolique et bipolaire. Il vit ou survit de magouilles. Il sert d’intermédiaires entre les clandestins, les sans-papiers et les patrons afin qu’ils travaillent, de manière illégal. C’est à ça qu’il passe une grande partie de son temps. Mais le temps justement, il en manque ! A cause d’une maladie, il ne reste plus que 3 mois à vivre. Course contre la montre, contre la fin annoncée de sa vie !!!

Malgré qu’il soit un des acteurs de l’exploitation des clandestins, il a du respect pour eux. Comme une tentative de rédemption, il fait son possible pour améliorer leurs sorts. Un exploitant humaniste ! Ce job, c’est sa façon de survivre, de subvenir aux besoins de sa famille. En père courage, Uxbal s’occupe aussi bien que possible de son enfant. Ainsi, c’est toute la misère sociale d’un pays en proie à la mondialisation, à la crise et au chômage qui est décrite. Une analyse pertinente de l’état de l’occident. Certes, le constat est très pessimiste et on peut reprocher le pathos assez présent, comme souvent chez le cinéaste. Mais pour narrer la réalité du monde actuelle, difficile de mettre du rose partout.

Pour ce film, Iñarritu a laissé tomber sa caractéristique scénaristique habituelle, c’est à dire le récit choral. Bien sur, on retrouve une pléiade de personnages mais on ne suit pas plusieurs destins en parallèle, plusieurs histoires en une comme dans « Amours Chiennes », « Babel » (là, il avait poussé le concept jusqu’à narrer les répercussions d’un événement sur les personnages dans ces différents récit en un), etc…

La mise en scène est nettement moins virtuose et fluide que ces précédents films. Par contre, les images sont toujours d’une beauté éclatante. Iñarritu a l’art de construire des plans somptueux (cadrages, captations du détail, lumières). Il travaille la forme, tel un peintre avec sa toile. Et pour cet excellent travail formel, il peut compte sur son fidèle chef opérateur Rodrigo Prieto, qui a travaillé sur tous ses films et d’autres très grands tels « Etreintes brisées » d’Almodovar, « Le secret de Brokebak Mountain » d’Ang Lee ou « La 25e Heure » de Spike Lee pour ne citer qu’eux !!

 


Comme vous l’aurez compris, « Biutiful » est loin d’être au niveau de « Babel » ou « Amours Chiennes » (sa première œuvre, véritable électrochoc cinématographique). Mais malgré quelques faiblesses, il reste quand même un film réussi et captivant. Il se regarde sans déplaisir mais ne restera pas dans les annales du 7ème Art !!!! * * * * * *

 

 

Par Francky 01 - Publié dans : Cinéma/DVD - Voir les 0 commentaires
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Vendredi 29 octobre 2010 5 29 /10 /Oct /2010 20:11

DavidFincher-2010.jpg

 

L’année artistique 2010, tant au niveau cinématographique que musicale, n’a pas finit de dévoiler de ses richesses. A mi-octobre, dans le sprint final du dernier trimestre, arrive sur nos écrans français un très grand film, un véritable petit bijou du 7ème Art auquel je dois bien l’avouer, j’ai totalement adhéré. Pourtant, ce n’était pas forcément gagné d’avance. Pas que je n’aime pas David Fincher. Au contraire, je le trouve au plutôt doué mais c’était plus à cause du sujet, de la thématique centrale que du film. Malgré l’engouement autours de ce réseau social et les multiples invitations reçues ou autres sollicitations, je n’ai toujours pas cédé aux sirènes postmodernistes de Facebook. Pourquoi ? Je ne veux pas me ficher volontairement, de mon plein accord, d’autant que j’étais de ceux qui dénonçaient les éventuelles dérives du fichier Etatique Edwige ou tous autres fichages !!!

 

Autant le dire d’entrée, ce n’est pas un film à thèse traitant essentiellement des conséquences, des enjeux mondiaux ou des dérives de Facebook. Bien sûr, en arrière plan, ces données sont légèrement abordées mais elles ne le sont pas de manière frontale. On peut les deviner et malgré tout, en sortant du film, on ne peut plus voir ce site de la même façon. Ce film n’est donc pas à charge (ou décharge). Il raconte l’histoire d’un jeune homme ordinaire d’origine modeste Mark Zuckerberg, véritable petit génie en informatique qui étudie au sein d’une des universités les plus prestigieuses au monde. Jeune homme ordinaire ? Pas tout à fait car il réussi l’exploit de trouver une idée simple mais révolutionnaire. Une idée totalement en phase avec son époque qui s’avérera, pour cette raison, très pertinente et populaire aussi et surtout très lucrative.

Le réalisateur s’attarde plus sur la genèse de cette idée, les relations humaines complexes ainsi que l’affaire judiciaire qu’elle va entraîner. La mise en scène, d’une redoutable efficacité, très fluide et virtuose, maintient une tension permanente digne des meilleurs thrillers. La construction en flash back, en deux temps (la journée de tractations entre avocats des deux parties et l’histoire de la création et du développement de ce réseau) permet de garder omniprésente cette tension.

David Fincher n’a pas cette désagréable manie très « américaine » et simpliste du manichéisme, hélas très présente dans l’histoire du cinéma U.S. Ce manichéisme consiste à découpé le monde en deux clans : le bien d’un coté et le mal de l’autre (confère l’Axe du Mal cher à Georges Bush). Il ne porte aucun regard moral sur les personnages. Il ne les juge pas. Au contraire, où bien d’autres aurait pu facilement rendre le héros détestable, lui le rend très humain, donc pétrit de contradictions, de paradoxes, d’illusions et de trahisons.

« The Social Network » est aussi un film sur la création en général et pas qu’artistique. Il montre son fonctionnement, comment tout débute par une idée, parfois aléatoire ou due au hasard, et qui se développe petit à petit, en se nourrissant de la vie, du travail des autres.

Fincher démystifie là le processus créatif qui voudrait que les chefs d’œuvres ou les grandes inventions soient le fruit d’une inspiration divine. « Le génie, c’est 10 % d’inspiration pour 90 % de transpiration » nous disait régulièrement ma prof de théâtre. Et le film en est la brillante démonstration. Et cette partie-là du film, la réflexion personnelle que l’on peut en tirée est peut être ce qui m’a le plus intéressé. Je trouve fascinant d’analyser, de comprendre l’acte créatif. Comment nait une idée ? D’où vient-elle ? Qu’est-ce qui nourrit ce processus de création ? Autant de questions qui me travaillent et me suivent depuis longtemps.

David Lynch dit souvent lors d’interview que : « la création, c’est comme un donuts avec un trou au milieu » ?? Mais aussi « Les idées, c’est comme les poissons. On en attrape une, mais sans savoir réellement pourquoi. Le geste créatif consiste à être capable de la saisir et d’en faire quelque chose ».

Et c’est aussi le cœur du débat judiciaire entre le héros et les plaignants. Mark Zuckerberg leur a-t-il volé l’idée, le concept ou au contraire n’a-t-il fait qu’amélioré la sienne avec la leur ??? Et Fincher n’apporte pas de réponse. Il laisse le spectateur libre de se faire son propre jugement. Un peu à la manière de Gus Van Sant pour sa trilogie « Elephant », « Gerry » ou « Last Days », mais la force poétique et esthétique en dessous quand même ! Mais cette absence de jugement moral peut déconcerter ou provoquer la polémique parfois. Et c’est tellement rare dans le cinéma U.S, qui a tendance à tout surligner et moraliser, qu’il est important de le remarqué.

 

Mais il faut aussi parler de l’excellent travail des acteurs, tous incarnant avec beaucoup de vérité et de justesse leur personnage. En tête, le héros Mark Zuckerberg joué avec un extrême brio par le comédien encore peu connu Jese Eisenberg. Mais aussi son ami, collaborateur et futur directeur financier de Facebook Eduardo Saverin alias Andrew Garfield, la groupie Christy Lee alias Brenda Song. Le plus surprenant, c’est le chanteur pop mainstream Justin Timberlake qui épouse parfaitement le rôle du créateur de Napster et jeune génie de l’informatique Sean Parker. Et bien d’autres encore, tous étant très bons et aucun rôle, même les plus petits, ne viennent affaiblir le tableau final.

 

Utilisateurs réguliers ou non de ce fameux réseau social, amateurs de films captivants ou simples spectateurs avides de bons films, vous savez ce qui vous reste à faire.

 

Pour moi, c’est sur, « The Social Network » va marquer mon année cinéma !!!!!!!!

 

Par Francky 01 - Publié dans : Cinéma/DVD - Voir les 1 commentaires
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Mardi 27 juillet 2010 2 27 /07 /Juil /2010 00:43

 

 

Hier soir, je suis allé voir "Inception" de Christopher Nolan. Et comme pour "The Dark Night" (son film précédent et n°3 de mon best of 2008), je me suis pris un énorme shoot cinématographique de plus de 2 h 20 min. Je suis en pleine écriture de ma critique mais un tel sommet méritte une plus longue réflexion. Elle viendra donc bientôt. Par contre, ce que je peux vous dire déjà :

-1- Courrez dans votre salle de ciné préférée et plongez au coeur de ce labyrinthe cinématographique.

-2- Avec " The Dark Night ", et après avoir récemment vu en DVD "Le prestige", ce film n'a fait que confirmer ce que je pensais : Christopher Nolan devient un immense auteur  (scénariste/réalisateur), au même niveau que des Coen, Q.Tarantino, J.Jarmusch, D.Lynch, W.Anderson ou G.Van Sant (cinéastes dont j'ai le plus grand respect et la plus profonde admiration).

-3- Raremment un artiste a su conjuger blockbuster au budget énorme (donc grand public) avec véritable oeuvre artistique : réflexions métaphysiques, profondeurs psychologiques, complexité narrative, mise en scène ultra inventive, virtuosité formelle, somptuosité du jeu d'acteur, actions, suspense....

Après "A serious man" des Frères Coen, "Shutter Island" de Martin Scorsese et "Gainsbourg" de Joann Sfar, un de mes sommets cinématographiques de 2010 !!!!


Par muziksetcultures - Publié dans : Cinéma/DVD - Voir les 4 commentaires
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Jeudi 8 juillet 2010 4 08 /07 /Juil /2010 14:51

KellyRichardt-2007-OldJoy.jpg

 

Hier soir, je me suis regardé en DVD "Old Joy" de Kelly Richardt, l'ayant loupé à l'époque de sa sortie cinéma. Ce qui m'a décidé de le prendre à la médiathèque de ma ville, c'est surtout le fait que Will Oldham en est un des deux acteurs principaux (avec Daniel London). J'étais fort intrigué de voir ce vieux loup de Will en tant qu'acteur.

 

Le pitch : Il est ultra simple. Mark (Daniel London) et Kurt (Will Oldham), ami de longue date, partent camper le temps d'un week-end  dans un magnifique coin de campagne. Mais les deux hommes sont devenus très différent : Mark a une femme et va devenir père et Kurt, toujours insouciant, a beaucoup de difficulté à entrer dans le monde dit "adulte".

 

 Ce film court (1h13min) se déroule en pleine nature, dans les vastes paysages et grands espaces américains. 100 % Americana, à l'image de la musique de Will Oldham, soit sous son nom ou sous ses diverses speudos (Palace Brothers, Palace, Palace Songs, Palace Musics, Bonnie Prince Billy). Un road-movie mélancolique et sensuel sous fond politique (le débat écouté à la radio lors des trajets).

Lenteur, contemplation, le film prend son temps. On s'enfonce ainsi avec eux pour une excursion "lo-fi" faite de camping, de randonnée, de bains chauds, d'amitié retrouvée par moment mais aussi d'incompréhension, de non-dits.

Avec la musique du groupe Yo La Tengo, lente et envoûtante, ce coté quasi fusionnel à la nature et cette caméra captant alternativement petits détails et grands ensembles dans de superbes   plans, le film glisse petit à petit dans une sorte de trip existentiel, véritable ode à la nature !

Le personnage joué par Will, avec sa grosse barbe et sa vie de loser, semble évoquer autant les laissés pour compte de l'Amérique actuelle que ses pionniers, ses pères fondateurs. Il semble ainsi dire au gouvernement de l'époque du film (Georges Bush) "Mais qu'avez-vous fait de notre Amérique ?"

Oui, où est passé le fameux "American Dream" ? Mais a-t-il existé vraiment un jour ??? Vaste question !!!

De plus, je me suis vraiment identifié à ce personnage de gentil loser, sorte d'adulescent ayant du mal à être un "véritable adulte". Un peu comme dans la partie titré confessions d'un adolescent attardé, du fantastique "Journal d'un album", la mythique B.D de Dupuy & Berberian !!   

 

 

 

 

 

"Old Joy" sortie France 25 juillet 2007

réalisation et montage : Kelly Richardt, Scénario : Kelly Richardt et Jonathan Raymond

Directeur de la photographie : Peter Sillen

Musique : Yo La Tengo

avec Will Oldham (Kurt), Daniel London (Mark) et Tania Smith (la femme de Mark)...


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Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /Fév /2010 01:51

Gainsbourg_le_film_affiche  

Longtemps désiré mais aussi énormément attendu au tournant par beaucoup, cet (obscur ?) objet de désir et de convoitise est enfin dans les salles. Pour son premier essai cinématographique, le talentueux dessinateur de bandes dessinées Joann Sfar (« Le chat du rabbin », « Grands vampires », « Pascin », etc.) s’est attaqué à un Everest, un Xanadu : narrer la vie de l’homme à la tête de chou, alias Serge Gainsbourg. Culotté, c’est le moins que l’on puisse dire de cette aventure et du bonhomme qui a osé l’entreprendre ! Et le résultat, est-il à la hauteur de nos attentes et du challenge ? Disons le tout de suite, le verdict sera net et sans appel : exceptionnel, stupéfiant, le pari est remporté haut la main.

D’abord, Joann Sfar a évité le biopic typique à l’américaine où l’on voit défiler pendant tout le film la vie de l’artiste, de A à Z, avec tous les lieux communs et moments connus. Surtout qu’avec un tel client, il n’en manquait pas. Un peu comme Gus Van Sant avec « Last Days » ou Todd Haynes avec « I’m not there », Sfar a réinventé le genre à sa manière, l’a complètement détourné pour mieux servir son propos. On assiste plus à la vie de l’artiste comme l’a fantasmé le cinéaste avec, comme appui, des bases de vérité (et de sa vérité).

Le plus fort, c’est qu’il a réussi à marier leurs deux univers, tout deux très personnels. Par moment, on dirait presque que Serge Gainsbourg est un personnage d’une nouvelle aventure de son « chat du rabbin ».

Le parti pris de montrer concrètement et physiquement son double, sorte de conscience (bonne ou mauvaise ?) comme un personnage a part entière que lui seul voit, est excellent. Cela créé ainsi des passages oniriques voir surréalistes et donne au film une force poétique stupéfiante, tout en renforçant la psychologie des personnages, des situations et des plans. Dans ces instants de pure poésie visuelle, on sent l’influence de Tim Burton (« Edward aux mains d’argents »), notamment quand il va au coiffeur et se fait sculpter sa nouvelle gueule de Gainsbarg !

Un angle de regard du film est très réussi et important afin de tenter de mieux comprendre le personnage : sa judaïté. Car Gainsbourg est d’origine juive (et russe), tout comme Joann Sfar. Et cela a conditionnée et marquée toute sa vie. Enfant sous l’occupation et la guerre, devant porter l’étoile jaune, vivant avec ces ignobles caricatures du juif (ressemblant à lui avec son grand nez et ses grandes oreilles), forcément, ça laisse des traces. Nul besoin d’être fin psychologue pour le comprendre. Le film montre bien qu’il est issu d’une famille non pratiquante, cultivée et moderne. Il n’a de juif que ses origines. Quand il reprend « La marseillaise », il a créé tout le scandale et le débat nauséabond que l’on sait, avec en arrière fond ces relents d’antisémitisme. Nouvelle blessure, comme une sorte « d’étoile jaune » qu’on lui aurait recollé des années plus tard, et cela malgré sa notoriété et son succès. La fameuse phrase de Sartre le définit malheureusement parfaitement : « Ce n’est pas le juif qui fait l’antisémitisme mais l’antisémitisme qui fait le juif ». No comment.

Mais le film ne serait pas le même sans ses acteurs. Eric Elmosnino bien sur (Serge Gainsbourg) mais aussi la pléthore de stars, même pour des petits rôles : Anna Mouglalis (Juliette Gréco), Lucy Gordon (magnifique Jane Birkin), Laettia Casta (B.Bardot sexy à souhait), Katerine (Boris Vian), Yolande Moreau (Fréhel), Sara Forestier (France Gall tout en innocence), Ravzan Vasilescu (son père), Dinara Doukarova (sa mère), Kacey Mottet (génial Gainsbourg enfant), Claude Chabrol (le producteur), Doug Jones ( la Gueule), Gonzales (le pianiste), Sfar lui-même (Georges Brassens), Gilles Verlant son biographe (un flic), etc. Par leur interprétation et leur présence, ils donnent au film son épaisseur, sa vérité et sa force. Le plus remarquable, c’est qu’ils interprètent tous les morceaux eux-mêmes, emmenés par la magnifique bande son du compositeur Olivier Daviaud.

Que dire de plus sinon, courrez voir ce conte de Joann Sfar et réécoutez l’œuvre gargantuesque d’un des génies français de la musique du XXème siècle ! Et pour ceux qui ne connaisse pas le travail de dessinateur du réalisateur, lisez ces albums.

Petit conseil perso : commencez peut être par les 5 volumes « du chat du rabbin » ou « Grand vampire », bonne entrée en la matière avant de poursuivre son œuvre plus complexe et déjà pharaonique !!!!

 

 

Francky 01 le 07/02/2010 

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Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /Nov /2009 13:13

Micmacs-a-tire-larigot-1  

L’histoire : Bazil (Dany Boon) n’a pas de chance avec les armes. La première, une mine anti personnelle, l’a rendu orphelin en tuant son père dans le désert marocain alors qu’il était enfant. La seconde, des années plus tard, est une balle perdue dans une fusillade qui vient se loger dans sa tête. A sa sortie d’hôpital, il perd son boulot et se retrouve à la rue. C’est alors qu’il rencontre Placard (Jean Pierre Marielle), un ferrailleur marginal, qui l’accueille au sein de sa bande de pieds nickelés qui vont l’aider à assouvir sa soif de vengeance…..

 

Quel plaisir de retrouver le cinéma humaniste de Jeunet. Mais il faut être honnête. Son dernier film, « Un long dimanche de fiançailles », m’avait laissé un peu sur ma faim. Il n’avait pas autant suscité mon adhésion que l’avait fait « Amélie Poulain » ou ses deux autres opus réalisés avec son compère Caro. Et cela, malgré un savoir faire formelle indéniable, un super scénar’ et de très bons acteurs. Malgré ces quelques petites hésitations, c’est donc très excité que je me suis rendu à la projection. Hésitations très vite disparues tant le film vous embarque dès le début pour ne plus vous lâcher avant sa fin. L’histoire, bien que partant dans tous les sens, est d’une rigueur inouï à l’humour jubilatoire. Avec un tel matériau, les comédiens, tous excellent d’ailleurs, s’en donnent à cœur joie pour transcender leur rôle. Jeunet et Guillaume Laurant (le coscénariste) ont créés une belle brochette d’éclopés de la vie et de déjantés en tout genre.

 

Mais, comme à l’accoutumé chez le cinéaste, la forme est somptueuse. Tetsuo Nagata, le chef opérateur, c’est entièrement dévoué à l’univers visuel si personnel du cinéaste. Et, dès les premières images, on reconnait la « Jeunet’s touch ». La photographie très travaillée, dans de magnifiques couleurs chaudes qui semblent comme vieillies, apporte une sophistication esthétisante à cet édifice filmique. Nombre de plans sont d’une virtuosité hallucinante, autant dans leur composition que dans leur originalité. La caméra bouge beaucoup, apportant au film du rythme, mais toujours avec une extrême précision. Tout comme un Wong Kar Wai dans un style plus épuré et contemplatif, Jeunet prouve de films en films qu’il est un des grands formalistes du cinéma contemporain. Et n’en déplaise à ses nombreux détracteurs.

 

La forme d’un film, c’est la photographie et la mise en scène. Certes, mais c’est aussi le décor. Et là, pour créer le coté bricolo de l’univers de Jeunet, les décorateurs se sont surpassés. Le décor est d’une inventivité hallucinante, notamment pour les scènes se déroulant dans le repère des ferrailleurs. C’est un véritable bric et broc fait de récup’ et d’inventions dérisoires et futiles, sorte de caverne d’Ali Baba « lo-fi ».

Tout cela, et même un peu plus, contribuent à faire de « Micmacs à tire-larigot » un des meilleurs films de l’année…..         

Par Francky 01 ou Chico+ - Publié dans : Cinéma/DVD - Voir les 0 commentaires
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Jeudi 12 février 2009 4 12 /02 /Fév /2009 15:31

Justice_live08

Après Daft Punk, un nouveau groupe d’électro français cartonne partout sur la planète : Justice. Trop hype, trop de buzz et d’effervescence autour d’eux pour que je m’y intéresse vraiment. J’avais pourtant leur premier EP « Waters Of Nazareth », sortie avant leur reconnaissance mondiale, qui était pas mal. Et hier, sur Virgin 17, j’ai vu leur documentaire sur leur dernière tournée, « A Cross The Universe ». Et quelle surprise !

D’abord ce document, réalisé par Romain Gavras, créateur du clip polémique « Stress », est de bonne facture. Il suit, en coulisse et sur scène, Gaspard Augé et Xavier De Rosnay, alias Justice. Comme les grands « rockumentaire », il nous fait plonger derrière les coulisses, nous montre l’effervescence et l’hystérie pop’n’roll suscité par le groupe. Et cela malgré un seul album au compteur. « A Cross The Universe » s’apparente par moment à une véritable fiction, par son travail de caméra, son montage travaillé et aussi par la présence, dans la Justice Team, de personnages hauts en couleurs. Comme leur manager, passablement barré, parano et fou d’armes à feu ou leur chauffeur de bus, très philosophe.

Ensuite, le film nous dévoile l’extraordinaire puissance, quasi rock’n’roll, de leur musique sur scène. Beats lourds et puissants, sons électro acid, TB 303 Roland, riffs métal, imagerie rock voir hard rock (jusqu’à leur symbole, la croix), transe hypnotique rappelant les grandes heures des raves party. Ils ont d’ailleurs su se faire apprécier par un public différent du cercle des habituels fans d’électro, des hard rockers notamment ! Ce documentaire musicale peut se ranger sans honte, à coté des étalons du genre comme «Rust Never Sleep » (Neil.Young), « Rude Boy » (The Clash) par Jack Hazaon & David Mingay, « Stop Making Sense » (Talking Heads) par Jonathan Demme, « The Last Waltz » (The Band) par Martin Scorsese.

Alors prêt pour le bruit, la fureur et l’ electro’n’roll avec Justice !!!!!

Francky 01 le 12/02/09

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Lundi 9 février 2009 1 09 /02 /Fév /2009 17:21

Losthighway4

Lynch narre une histoire d’une modernité formelle inouï où début et fin se confonde en toute virtuosité, nous entraînant dans un cauchemar cubiste et psychanalytique au confins de la folie humaine et de la schizophrénie. Un sommet du cinéma des années 90.

Une histoire où début et fin se mélangent je disais, recommencent pour mieux se perdre, nous perdre. Un film, à l’image des étranges K 7 vidéo, à double face.

 

Face A : Fred (Bill Pullman) habite dans une maison design et glauque avec sa femme Renée (Patricia Arquette). Leur quotidien se voit bouleversé par l’arrivée d’une mystérieuse casette vidéo qui montre leur maison filmée au caméscope. Et tout se détraque quand, le jour suivant, une autre K 7 montre l’intérieur de la maison avec eux-mêmes filmés pendant leur sommeil. Et Fred va rencontrer, pendant une fête, un étrange homme en noir qui lui parle de l’existence de passages spatio-temporels. Dès lors, Fred va, tel Alice au pays des merveilles (ou plutôt horreurs ici), emprunter le chemin sans retour des ténèbres. Et tuer sauvagement sa femme.

Face B : Fred, condamné et emprisonné pour le meurtre de Renée, se métamorphose en Pete, son avatar juvénile, une petite frappe bossant dans un garage. Il y rencontrera d’ailleurs Alice, double de Renée mais blonde cette fois-ci, et entretenir une liaison avec elle. Ainsi débute le second film la face B.

« Lost Highway »est un véritable labyrinthe, un objet visuelle non identifié. Déjà avec « Sailor & Lula » et « Twin Peaks », Lynch avait posé les bases de son univers onirique, fantasmatique et totalement américain. Mais là, il passait un cran au dessus, dynamitant au passage les codes du film noir et explorant plus profondément la psyché de sa société. Film à deux faces, film du dédoublement :

-       De la personnalité de Fred. Pour raconter sa schizophrénie, Lynch n’a pas besoin de long discours. C’est dans la forme alambiquée de ce film qu’elle s’exprime, s’incarne et prend vie.

-        Des personnages, comme Renée et Alice, interprétée par la même Patricia Arquette, blonde pour la première, brune pour la seconde.

Un film où fond et forme se confondent. Mais c’est aussi un film rempli de symboles, de métaphores que Lynch prend soin de ne pas expliquer, laissant au spectateur son libre arbitre, son imaginaire travailler. Au risque de le déstabiliser au passage. Un film multiple, où toutes les tentatives d’interprétations sont possible.

L’univers formel quasi clinique, cubiste et glauque de la face A, du premier segment, laisse place à un univers plus coloré. Esthétique du double. C’est en grand plasticien, aidé de son chef opérateur Peter Deming, qu’il compose ces plans, sorte de tableau en mouvements où se retrouvent pêle-mêle les influences de Hopper, Bacon et les cubistes.

Un film à la mise en scène nerveuse, épileptique et rock’n’roll. La musique et le son chez Lynch sont essentiels. Il travaille ce matériau avec soin, augmentant ainsi le suspens et la tension à chaque instant. Comme la scène où Fred et Renée découvrent

la K 7 vidéo. Rien qu’a la musique et aux sons, on ressent le danger, le malaise. Nine Inch Nails, Marylin Manson côtoient Bowie et la partition du coutumier Angelo Badalamenti.

 

Comme dans un cauchemar éveillé, on ressort de ce film, à la forme organique comme le jazz électrique de Miles Davis, lessivé, KO et interrogatif. C’est une véritable expérience de cinéma dont on ne saisit que vaguement le sens (ou les sens). N’est-ce pas cela, un chef d’œuvre ? S’en a tout l’air !!!!!!

Par Francky 01 ou Chico+ - Publié dans : Cinéma/DVD - Voir les 1 commentaires
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Lundi 5 janvier 2009 1 05 /01 /Jan /2009 15:03

Fmillerthespirit08 "The Spirit" de Frank Miller (2008) :
Par ce film commence mon année ciné 2009. Inégal, visuellement intéressant, parfois réussi, parfois très loupé. Un film très inégal !
Comment parler d'un film adapté d'une b.d culte ("The Spirit" du très grand Will Eisner), de plus est mis en scène par un dessinateur que l'on admire (Frank Miller "Sin City", "The Dark Night", etc.) mais qui m'a très faiblement plu ? En toute honnêteté et avec le recul indispensable avec le matériaux de base, c'est à dire la b.d originelle ! Avec son "Sin City" et "300", F.Miller ne m'avait pas convaincu. Cette fois, il est seul au commande de ce film. "The Spirit", malgré ses qualités visuelles indéniables, souffre de plusieurs défauts majeurs.


-1- Une direction d'acteur catastrophique pour la plupart. Pourquoi avoir fait jouer dans la surenchère grotesque un acteur aussi talentueux que Samuel L Jackson (Octopus) ? Et le héros (The Spirit) Gabriel March ? Il est complétement transparent, inexistant et incapable d'incarner cet ancien flic revenu d'entre les morts avec de mystérieux pouvoirs. On est à mille lieux de l'interprétation époustouflante de Head Lodger (The Joker) dans "The Dark Night" ! Heureusement, de part leur beauté sulfureuse et fantasmatique, Eva Mendes et Scarlett Johanssen sauvent le spectateur de l'ennui ! Et surtout Sarah Paulson (Dr Ellen Dolan) et son père de flic Dan Laurian remontent le niveau en jouant la carte de plus de sobriété.
Mais leurs efforts sont plombés par :
-2- Des dialogues à la limite (et je suis gentil) du ridicule. Sans inspiration, lisses, ils ne font mouche que très rarement !

-3- Un scénario insipide, simplissime et abusif, tiré par les cheveux (il donnerait des dreadlocks à un skinhead). Je me demande ce que le grand Will Eisner en aurait pensé ? Lui qui avait quasiment inventé le roman graphique, renouvelé, modernisé la bande dessinée et qui est, aujourd'hui encore, reconnu pour ces qualités narratives et scénaristiques. Il doit se retourner dans sa tombe, paix à son âme !
-4- Quelle est cette fascination pour le fascisme, le décorum nazi ? Qu'est-ce que cela apporte-t-il au film ??? Rien, si ce n'est que provocation, enfin je l'espère !

Même si la mise en scène manque cruellement d'inspiration, de force et peine à accrocher le spectateur dans ce méli-mélo bordélique, les qualités esthétiques, formelles sont indiscutables ! Enfin, si l'on adhère à ce genre d'esthétique. Ce mélange d'images réelles avec des incrustations numériques, ces petites touches dessinées donnent de très beaux plans, véritables tableaux impressionniste de l'ère digitale ! Mais doit-on féliciter le réalisateur ou le chef opérateur Bill Pope (Matrix I, II et III; Spider Man II et III) ?

Comme vous l'aurez compris, ce film m'a rendu perplexe, dubitatif. J'ai du mal à le descendre, à le critiquer sans retenu. Est-ce, comme je l'ai dit plus haut, l'admiration que je porte pour la b.d de base et/ou celle envers le Frank Miller dessinateur ? En tout cas, malgré ces inombrables questions, une chose est sur : F.Miller devrait se contenter de faire ce qu'il fait de mieux, c'est à dire des b.d !
A vous de jugez et de réagir si vous êtes de mon avis ou si, au contraire, vous avez adorez ce film !              

Par Francky 01 ou Chico+ - Publié dans : Cinéma/DVD - Voir les 0 commentaires
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Dimanche 30 novembre 2008 7 30 /11 /Nov /2008 23:56

Ptandersonthere_will_be_blood "There will be blood" de Paul Thomas Anderson (2008) :

Grande fresque du début du capitalisme et de la ruée de "l'or noir" sur la terre Americana. Les racines du mal !!
Fin 1800, Etats Unis d'Amérique. Grandeur et décadence d'un pionnier du pétrole, Daniel Plainview, des débuts très modeste de son entreprise jusqu'à l'avènement d'un mini empire pétrolier.

En ce début d'année, trois films américains sorties sur nos écrans revisitent les vastes terres de ce pays : "No country for the old man" des Coen, "Into the wild" de Sean Penn et celui-ci. Trois films ayant pour point commun les grands espaces américains, ces étendus pleines de promesses, sortes de néo western. Mais celui-ci s'attache à d'écrire la grande histoire, celle avec un grand H, l'histoire des origines de la modernité.
Un nouveau western donc, mais où les chercheurs de pétroles ont remplacés les cow-boys et le pétrole, quand à lui, le bétail. Une chronique sans concession du début de l'ère industrielle et de son besoin frénétique d'or noir, tel un ogre avide de chair fraiche. P.T.Anderson, en adaptant le livre d'Upton Sinclair, analyse et démontre ici du capitalisme, de la cohabitation malsaine d'un trio antagoniste : politique, économie et religion. Car dès le début, la religion (plus une secte dirait-on en France) joue un rôle principale. Garant des soit disant vertus morales, le pasteur prédicateur veille à tenir bien docile "le troupeau", sorte de berger protecteur. Le héros (Daniel-Day Lewis/Daniel Plainview) entretient avec le pasteur (Paul Dano/Eli Sunday) des rapports ambigus. Tour à tour ami et ennemi, c'est un peu l'alliance contre nature entre le bien et le mal (ou vice-versa), le matériel et le spirituelle. Et ainsi, en remontant le cour de l'Histoire, le film nous éclaire sur l'actualité (la guerre en Irak par exemple), sur le pourquoi de l'omniprésence du religieux et du capitalisme au U.S.A !
Après le fond, parlns de la forme. Ce film est très expérimental malgré que se soit une production Hollywoodienne. Il débute ainsi par vingt minutes, très audacieuses, sans aucuns dialogue. Juste les sons et la musique. Une musique dissonante comme des "drones" perdus de My Bloody Valentine, bizarre, aérienne, recouvrant même parfois les dialogues et les bruits. Très recherchée, novatrice, elle acompagne parfaitement les personnages tout au long du film, suivant ainsi leurs doutes et leurs errances. Et, comme chez le génial David Lynch, elle est un élément dramatique à part entière. Très inspiré, c'est le Radiohead J.Greenwood qui l'a composé. Le travail sonore, époustouflant, évoque un autre grand film historique dément et barré, à la beauté "malade", le "Krousthaliov, ma voiture" du Russe Alexeï Guerman !
Certaines scènes sont sous-exposées, comme nimbées dans un voile de mystère. Et la mise en scène virtuose de P.T.Anderson magnifie le scénario, l'histoire et le jeu des acteurs. D'ailleurs, ils sont tous exceptionnels, à l'image de la prestation époustouflante de Daniel-Day Lewis. Magistrale, c'est une leçon de jeu, très "Actors Studio", dans ses excès, sa gestuelle et sa façon d'être le personnage. De même pour Paul Dano, qui incarne ce pasteur illuminé et cynique, véritable "fou" de Dieu !

Politique, historique, virtuose, "There will be blood" est certainement une des plus grandes oeuvres cinématographiques sur la nation AMERICA. A ne pas louper ! Justement, aucune excuse, il est sorti en DVD.

Par Francky 01 ou Chico+ - Publié dans : Cinéma/DVD - Voir les 0 commentaires
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