Vendredi 29 octobre 2010
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L’année artistique 2010, tant au niveau cinématographique que musicale, n’a pas finit de dévoiler de ses richesses. A mi-octobre, dans le sprint final du dernier
trimestre, arrive sur nos écrans français un très grand film, un véritable petit bijou du 7ème Art auquel je dois bien l’avouer, j’ai totalement adhéré. Pourtant, ce n’était pas
forcément gagné d’avance. Pas que je n’aime pas David Fincher. Au contraire, je le trouve au plutôt doué mais c’était plus à cause du sujet, de la thématique centrale que du
film. Malgré l’engouement autours de ce réseau social et les multiples invitations reçues ou autres sollicitations, je n’ai toujours pas cédé aux sirènes postmodernistes de Facebook.
Pourquoi ? Je ne veux pas me ficher volontairement, de mon plein accord, d’autant que j’étais de ceux qui dénonçaient les éventuelles dérives du fichier Etatique Edwige ou tous
autres fichages !!!
Autant le dire d’entrée, ce n’est pas un film à thèse traitant essentiellement des conséquences, des enjeux mondiaux ou des dérives de Facebook. Bien sûr, en arrière
plan, ces données sont légèrement abordées mais elles ne le sont pas de manière frontale. On peut les deviner et malgré tout, en sortant du film, on ne peut plus voir ce site de la même façon. Ce
film n’est donc pas à charge (ou décharge). Il raconte l’histoire d’un jeune homme ordinaire d’origine modeste Mark Zuckerberg, véritable petit génie en informatique qui étudie au sein
d’une des universités les plus prestigieuses au monde. Jeune homme ordinaire ? Pas tout à fait car il réussi l’exploit de trouver une idée simple mais révolutionnaire. Une idée totalement en
phase avec son époque qui s’avérera, pour cette raison, très pertinente et populaire aussi et surtout très lucrative.
Le réalisateur s’attarde plus sur la genèse de cette idée, les relations humaines complexes ainsi que l’affaire judiciaire qu’elle va entraîner. La mise en scène,
d’une redoutable efficacité, très fluide et virtuose, maintient une tension permanente digne des meilleurs thrillers. La construction en flash back, en deux temps (la journée de tractations entre
avocats des deux parties et l’histoire de la création et du développement de ce réseau) permet de garder omniprésente cette tension.
David Fincher n’a pas cette désagréable manie très « américaine » et simpliste du manichéisme, hélas très présente dans l’histoire du
cinéma U.S. Ce manichéisme consiste à découpé le monde en deux clans : le bien d’un coté et le mal de l’autre (confère l’Axe du Mal cher à Georges Bush). Il ne porte aucun
regard moral sur les personnages. Il ne les juge pas. Au contraire, où bien d’autres aurait pu facilement rendre le héros détestable, lui le rend très humain, donc pétrit de contradictions, de
paradoxes, d’illusions et de trahisons.
« The Social Network » est aussi un film sur la création en
général et pas qu’artistique. Il montre son fonctionnement, comment tout débute par une idée, parfois aléatoire ou due au hasard, et qui se développe petit à petit, en se nourrissant de la vie,
du travail des autres.
Fincher démystifie là le processus créatif qui voudrait que les chefs d’œuvres ou les grandes inventions soient le fruit d’une inspiration divine.
« Le génie, c’est 10 % d’inspiration pour 90 % de transpiration » nous disait régulièrement ma prof de théâtre. Et le film en est la brillante démonstration. Et cette partie-là
du film, la réflexion personnelle que l’on peut en tirée est peut être ce qui m’a le plus intéressé. Je trouve fascinant d’analyser, de comprendre l’acte créatif. Comment nait une idée ?
D’où vient-elle ? Qu’est-ce qui nourrit ce processus de création ? Autant de questions qui me travaillent et me suivent depuis longtemps.
David Lynch dit souvent lors d’interview que : « la création, c’est comme un donuts avec
un trou au milieu » ?? Mais aussi « Les idées, c’est comme les poissons. On en attrape une, mais sans savoir
réellement pourquoi. Le geste créatif consiste à être capable de la saisir et d’en faire quelque chose ».
Et c’est aussi le cœur du débat judiciaire entre le héros et les plaignants. Mark Zuckerberg leur a-t-il volé l’idée, le concept ou au contraire n’a-t-il
fait qu’amélioré la sienne avec la leur ??? Et Fincher n’apporte pas de réponse. Il laisse le spectateur libre de se faire son propre jugement. Un peu à la manière de
Gus Van Sant pour sa trilogie « Elephant », « Gerry » ou « Last
Days », mais la force poétique et esthétique en dessous quand même ! Mais cette absence de jugement moral peut déconcerter ou provoquer la polémique parfois. Et c’est
tellement rare dans le cinéma U.S, qui a tendance à tout surligner et moraliser, qu’il est important de le remarqué.
Mais il faut aussi parler de l’excellent travail des acteurs, tous incarnant avec beaucoup de vérité et de justesse leur personnage. En tête, le héros Mark
Zuckerberg joué avec un extrême brio par le comédien encore peu connu Jese Eisenberg. Mais aussi son ami, collaborateur et futur directeur financier de Facebook Eduardo
Saverin alias Andrew Garfield, la groupie Christy Lee alias Brenda Song. Le plus surprenant, c’est le chanteur pop mainstream Justin
Timberlake qui épouse parfaitement le rôle du créateur de Napster et jeune génie de l’informatique Sean Parker. Et bien d’autres encore, tous étant très bons et aucun rôle, même
les plus petits, ne viennent affaiblir le tableau final.
Utilisateurs réguliers ou non de ce fameux réseau social, amateurs de films captivants ou simples spectateurs avides de bons films, vous savez ce qui vous reste à
faire.
Pour moi, c’est sur, « The Social Network » va marquer mon
année cinéma !!!!!!!!
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