chanson/rock français

Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 16:31

 

"Alors, chante..." - Vendeurs D'enclumes live (2010)

 

 

Samedi soir, dans le cadre des festivités de noël, ma ville (Bourg-en-Bresse, dans l’Ain) organisait un spectacle gratuit pour ses habitants au théâtre municipal. C’était un concert des Vendeurs d’enclumes. C’est un groupe créé en 2001 à Orléans composé de six musiciens virtuoses et multi-instrumentistes pour certains.

Vendeurs d’enclumes c’est Valérian Renault (Chant / textes), Vincent Lenormand (Guitare / accordéon), Nicolas Le Moullec (Basse / chant), Matthieu Henault (batterie / trompette), Cyrile Boudesocque (Saxophones ténor et alto) et David Sevestre (Saxophones soprano, ténor & alto). Ils ont déjà 4 albums au compteur dont le dernier « Décadrant » seulement sorti.

J'ai adoré ce spectacle car c'est bien de cela qu'il s'agit, d'un véritable spectacle et non d'un "simple" concert. On sent leur volonté de "théâtraliser" leurs prestations par une mise en scène pertinente, n'hésitant pas à mêle humour et émotion. Un plus qui m'a fortement touché. Mais ce n'est pas tout.

Leur univers navigue entre réalisme poétique et absurde, romantisme onirique, militantisme politique ou social façon situationnisme à la Guy Deborg.....

Leur style musical oscille entre chanson, rock et jazz. D’ailleurs, les parties cuivres sont d'une virtuosité exceptionnelle et très fouillées pour de la chanson. Isolées, on pourrait croire aux partitions d’un free jazz ou néo-jazz.

Et il y a la voix, ô combien superbe et remplie d'émotions, quelque part entre Bertrand Cantat, Christian Olivier (Têtes Raides) et Mano Solo. C’est un magnifique écrin sonore soulignant des textes d'une rare intelligence où l'humour côtoie le tragique, le burlesque et le poétique.

En bref, une superbe soirée musicale et la découverte d’un groupe exceptionnel. Et dire que depuis la mort d’Alain Bashung, je n’écoute plus trop de chanson française, les Vendeurs d’enclumes m’ont redonné foi en elle. Pour tout cela, merci à vous, Vendeurs D'enclumes.

Si ils passent près de chez vous, n’hésitez-pas !!!

Par Francky 01 - Publié dans : chanson/rock français - Voir les 0 commentaires
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Dimanche 24 avril 2011 7 24 /04 /Avr /2011 18:57

 

Mon titre de Bashung que je trouve le plus puissant, émouvant et épique repris par feu Noir Desir. La voix ô combien sublime de Bertrand Cantat et cette guitare acoustique....Superbe !

Ce morceau est extrait du disque tribute to Bashung qui sortira le 26 avril. Au casting, que du beau monde : Des jeunes rockers (B.B Brunes), certains des ses camarades de route (Noir Desir, Christophe, Gaëtan Roussel, Dionysos) , une star internationnale (Vanessa Paradis), des auteurs appréciés sur ce blog (Keren Ann, Benjamin Biolay, -M-, Miossec, Stephan Eicher), et un autre......euh, sans commentaire (Raphaël).

 

A.Bashung-2011-Tribute.jpg      

Par Francky 01 - Publié dans : chanson/rock français - Voir les 1 commentaires
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Samedi 23 avril 2011 6 23 /04 /Avr /2011 20:16

JulienDore-2010.jpg

 

« Bichon » Julien Doré (2011)

 

Dès ses premières apparitions télévisuelles à « La Nouvelle Star », avec ses reprises dantesques (« Moi Lolita » reste un modèle transcendantal de l’originale), ses références extras (Marcel Duchamps, Guy Debord, Herman Düne, etc.) et son univers très marqué, j’ai su que l’on tenait là un talent unique, un artiste, un vrai. A ma grande surprise il a gagné cette émission (et surtout l’admiration du public indie), extraterrestre en son sein comme un loup dans la bergerie (voir l’article que j’avais écris pour le blog Christorama ici :link).

Il a ainsi pu sortir un premier album très personnel en 2008, l’excellentissime « Ersatz » (n°17 top disques perso 2008). On peut dire que j’ai suivi en direct l’évolution de Julien Doré. J’ai eu, on a eu la chance de le voir éclore ce talent, grandir pour s’affirmer totalement. Et trois ans plus tard, le voici de retour, plus flamboyant que jamais, avec « Bichon ».

Comment allait-il passer le cap décisif et difficile du second album ?? Allait-il confirmer tout les espoirs placés sur lui ou au contraire faire du sur place, ou pire s’effondrer ?? Et bien, je vais être direct !. « Bichon » est un très grand disque et Julien Doré s’affirme comme un auteur français majeur sur lequel il faudra désormais compter.

Dans les années 70’, un slogan très connu disait : «  En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées ». Et il en a justement des idées Julien. Ca bouillonne, ça foisonne même dans son cerveau tellement il en a !

A nouveau pour ce disque, Julien joue de la guitare, chante, compose et écrit. Il s’est aussi parfaitement entouré, formant un super band de musiciens virtuoses. Arman Méliès (« Casino » 08), déjà présent sur le premier disque à la guitare (au jeu tout en subtilité), Julien Noël aux claviers, Laurent Bardainne au saxophone et une section rythmique d’enfer : Laurent Vernerey à la basse et Vincent Taeger à la batterie et percussions. Mais aussi comme sur « Ersatz », il y a les duos, parfois très inattendus comme « Homosexuel » avec……Yvette Horner (oui, oui, c’est bien elle !!) à l’accordéon, la belle et éternellement jeune Françoise Hardy sur le très poétique et planant « BB Baleine » puis la chanteuse/danseuse/comédienne algérienne Biyouna pour 2 morceaux, « Bergman » et « Wrong », titre présent sur le deuxième disques bonus. Ce super band accompagnent magnifiquement Mister Doré qui alterne passages chantés, toujours de sa voix suave, rauque et sensuelle avec des passages plus parlés façon talk-over qui se prête totalement aux morceaux.


Avec lui, la chanson française devient un joli bordel dont il aurait ouvert tout grand les fenêtres afin de laisser entrer les influences les plus diverses. Ainsi la chanson partouze allègrement avec l’électro tendance trip hop et l’electro-pop, le folk, la pop ou le rock.

Surréaliste, dadaïste, conceptuel (à la Duchamps), sensuel voir érotique cru ( écoutez certaines paroles), références arty, jeux de mots, poétique, onirique : Ainsi pourrait on, en partie, définir l’univers de ce disque. Et Une petite dose de kitch (la pochette, le titre) pour compléter le tableau.

La production du disque est particulièrement travaillée, chiadée et inventive. Elle met très bien en relief les arrangements pour faire rayonner chaque titre. Déjà à bord sur « Ersatz », c’est Renaud Letang, producteur au casting XXL (Feist, La Rumeur, Katerine, etc.) qui s’en est chargé ainsi que du mixage.

 

En passant parfaitement le cap fatidique du second album, Julien Doré confirme toute l’étendu de son talent et impose son univers hors norme si personnel. Et n’en déplaise à certains qui trouve ce disque trop proche de Katerine (notamment la pochette ??) et de Gainsbourg (surtout l’année des 20 ans de sa disparition ??), « Bichon » est un des meilleurs albums français de l’année.

Alors, quand on vous disait qu’en France, que l’on n’avait pas de pétrole mais des idées, en voici la preuve éclatante !!!!

Mon avis : * * * * * *  * (5*)

 

Par Francky 01 - Publié dans : chanson/rock français - Voir les 2 commentaires
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Mardi 11 janvier 2011 2 11 /01 /Jan /2011 00:30

Mano_Solo2.jpg

Peinture de Mano Solo

 

Le 10 janvier 2009 : 11 jours après Vic Chesnutt, Mano Solo, le vilain petit canard de la chanson française, s'en est allé avec Madame La Mort !!!

Quand je pense à lui, c'est toute mon adolescence avec son éternel mal de vivre mais aussi sa fougue, ses délires qui me revient à l'esprit. Combien de fois ai-je écouté en boucle "La marmaille nue" (1993) et "Les années sombres" ??? Je ne peux dire. Beaucoup en tout cas. Ce soir, j'ai une pensée pour toi !

Là-haut, j'espère que tu t'éclate avec Ferré, Gainsbourg, Bashung et tant d'autres......


"..On boira comme des porcs, à la santé de la notre perdue et on se cassera la voix à gueuler qu'on y croit du moins qu'on y croyait à quoi déjà on s'en souvient pas, on s'en souvient plus..." 

Paroles de "On Boira d'la biere", issues du disque "La marmaille nue" !!


 


Par Francky 01 - Publié dans : chanson/rock français - Voir les 0 commentaires
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Mercredi 30 juin 2010 3 30 /06 /Juin /2010 16:07

Aujourd'hui, j'ai découvert sur le net la reprise du "Comic Strip" de Serges Gainsbourg, interprété par le groupe The Ghost of a Saber Tooth Tiger alias The GOASTT (Sean Lenon et sa compagne Charlotte Kemp Muhlaccompagné du fantasque et fantastique guitariste/chanteur -M-. Le clip, à l'image de la musique, est très psychédélique et déjanté, rempli de couleurs criardes, de super (z)héros et autres personnages surréalistes, le tout dans une mise en scène totalement barrée...Un régal d'humour absurde, en attendant le grand retour d'un de ses génie français, le trublion Katerine (dont le nouvel album doit paraitre en septembre).    

 


Par muziksetcultures - Publié dans : chanson/rock français - Voir les 0 commentaires
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Lundi 7 juin 2010 1 07 /06 /Juin /2010 21:53

Banco

Poursuite de l’exploration de « mes archives » avec cette chronique déjà publiée sur le site résonance le 15/01/08.

 

Depuis les années quatre vingt, les Têtes Raides, ces agitateurs surdoués et engagés marient subtilement la chanson française avec le rock, mais version punk ginguette. Voici donc "Banco", leur dixième album studio. Quoi de neuf alors mon caporal !

 

Après un passage plus rock depuis deux album ("qu'est-ce qu'on s'fait chier" en 2003 et "fragile" en 2005), ils débranchent les amplis pour un retour à l'acoustique. Certes, ils ne délaissent pas pour autant la fée électricité sur certains titres comme "Banco" et « Plus haut » mais l'ensemble est nettement plus calme. Plus calme OK, mais pas plus assagit, n'oubliant pas leurs préoccupations sociales et politiques, comme la cause des sans-papiers sur le très subtil et poétique "expulsez-moi" !

 

Mais l'ensemble du disque est quand même plus ginguette que punk comme si, dans leur bal du samedi soir, la valse folk avait remplacé le pogo des agités ! L'orchestre y joue toujours de tous ces instruments remis au goût du jour par eux-mêmes, c’est à dire l'accordéon, les cuivres (sax, hélicon, flûte, trompette, etc..) et les cordes (guitare, violon, violoncelle). Véritable fanfare endiablée !

 

Les textes de Christian Olivier sont toujours aussi poétiques, mélange détonant de surréalisme à la Desnos, de ces petites choses du quotidien transcendés par sa plume et de métaphores rock. Comme si Breton ou Eluard avaient trop écouté THE CLASH avant d'écrire !! Un seul morceau n'est pas signé du chanteur, l'épique "Notre besoin de consolation est impossible à rassasier", tiré du livre de l'écrivain suédois Stig Dagerman. Ce titre s'étale dans une transe enragée, chanté façon talk-over, sur plus de 19min !

Et comme d'habitude, le livret et la pochette, superbes, sont illustrés par "les chats pelées"

 

Alors, que dire de plus sinon.....BANCO!!!!!!!!

 

 

 

Par Francky 01 ou Chico+ - Publié dans : chanson/rock français - Voir les 0 commentaires
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Mardi 24 mars 2009 2 24 /03 /Mars /2009 11:46

A.Bashung_02_

Bashung s’en est allé, cette saloperie de cancer aura eu raison de lui. Comme le dit ce vieil adage, « à la fin, c’est toujours la mort qui gagne ». Pour exorciser cette tragédie, écoutons ses chansons, cet héritage musical qu’il nous a laissé. Et en son sein, ce pic de noirceur, de classe pas classique pour un sou, ce brulot expérimental qu’est « L’Imprudence ». Alors, face à cette tragédie, i remember Bashung.

« L’Imprudence », sortie en 2002, pourrait être le manifeste d’une chanson française expérimental, poétique et décomplexée. Mais dark, très dark ce disque, où les fantômes de Ian Curtis croiserait ceux de Gainsbourg et de Ferré, voir Dylan (une de ses grandes référence, mais vivante bien-sur !), pendant l’enregistrement d’un disque de chanson française, dans un laboratoire en recherches électroniques dirigé par Autechre et Brian Eno !

Cinq ans après « Fantaisie militaire », cet Himalaya virtuose et expérimental de la chanson made in France, Bashung revient tutoyer les anges. Haut. Il vole tellement haut à présent qu’il largue en chemin toute la concurrence française, pourtant pas avare en singer/songwriteur de talent.

« C’est un pic, c’est un roc, non que dis-je, c’est une péninsule ». Cette réplique, devenue mythique, du « Cyrano de Bergerac », résume parfaitement ce projet pharaonique. On s’aventure dans « L’Imprudence » comme dans un territoire encore vierge. Etre face à « L’Imprudence », c’est comme être face à la mer, et apercevoir et ramasser ces bouteilles porteuses de messages, de chansons. Chaque bouteille est une chanson différente.

Inhospitalier, parfois dangereux, parfois réconfortant, mais toujours fascinant, c’est un îlot aride et sauvage où viennent s’échouer les pensées, les espoirs et les doutes d’un artiste arrivé au zénith de sa créativité. D’ailleurs, Bashung lui-même, conscient de l’entreprise, s’est parfaitement entouré. Pour les textes, d’une époustouflante beauté poétique, le fidèle Jean Fauque est de la partie. Miossec aussi, qui lui a écrit « Faisons envie », et que ce vieux loup de Bashung a pris l’habitude de chanter avec son épouse Chloé Mons. En digne (et seul ?) héritier de Ferré (dernière période), il a écrit de formidables poèmes oniriques et mélancoliques. Et que dire de sa reprise de « Jamais d'autre que toi » de Desnos ? Sublime.

Et pour traverser toutes ces péripéties, Bashung s’est constitué un « super band » de renégats hors normes. Marc Ribot (guitare électrique et acoustique), Arto Lindsay (guitare électrique), Martyn Barker (batterie, percussions), Steve Nieve (orgue, piano, tubular bells), Simon Edwards (guitare basse, contrebasse, bendir), les électroniciens suisse de Mobile In Motion. Avec-eux, il dessine le futur de la chanson, forcément mélodique, symphonique et électronique. Car, quand on ouvre une bouteille flottant dans cet océan nommé « L’Imprudence », le film commence, forcément lynchien. Ces symphonies de poches, c’est la bande son du futur David Lynch. Ces compositions énigmatiques et envoutantes rappellent celles d’Angelo Badalamenti, revues et corrigés par la chanson cold-wave, l’electro dark-folk de Bashung.

Tant de puissance tellurique, de poésie, de virtuosité se mérite. Accéder aux méandres de ce disque, à ses secrets est un long apprentissage. Tout d’abord, on constate sa beauté. Ensuite, en se baladant, on commence à apercevoir les récifs, les aspérités d’une telle architecture, mais sans en comprendre le sens, et la force. Mais à force d’attention, on commence à pénétrer en son sein. Et chaque écoute recèle sa part de découverte, de magie. Et l’on se retrouve face à une œuvre intarissable et intemporelle. Les mots, les notes, le geste bashungien se meut en oracle. Et « L’Imprudence » revêt alors sa part mystique. Car Bashung est bel et bien ce chamane rock, à l’image du loner Neil Young, ou du Cheyenne psychédélique, gardien des portes de la perception (« The Doors »), Jim Morisson.

Mais comme pour une « œuvre d’art totale », le visuel n’est pas oublié. Tel un dandy rock, il pose sur la photo de la pochette avec une classe inouïe. Cette esthétique sombre et classieuse, très travaillée, renforce le romantisme mélancolique très XIXème de ce bijou artistique.     

Avec le temps (« va, tout s’en va…. »), on se rendra compte de l’importance de ce disque, véritable pierre angulaire de la chanson française. A l’égal d’autres chefs d’œuvres français, des Gainsbourg, ferré ou Brel, « L’Imprudence » deviendra à coup sûr une référence, un monument indépassable pour toutes les futures générations d’aspirants poètes chanteurs. Et il fera encore tellement bon, et pour longtemps, s’y lover, s'y balader et s’y perdre pour mieux s’y retrouver, se retrouver…….Pour s’y perdre à nouveau.

Alors : «  À l'avenir, laisse venir, laisse venir, l’Imprudence… » !!!!!!!!!!!!

 

Ma Note : * * * * * *

Par Francky 01 ou Chico+ - Publié dans : chanson/rock français - Voir les 1 commentaires
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Samedi 28 février 2009 6 28 /02 /Fév /2009 12:44

A.Bashung_Bleu pétrole_08

 

Comment parler d’un tel chef d’œuvre ? Comment décrire les émotions, les sensations ressenties à chaque une de ses écoutes ? Je ne sais pas. Peut être en étant le plus sincère possible, en se tenant au plus près de l’état de conscience poétique dans laquelle ce disque nous emmène. Car il a un pouvoir. Le pouvoir de mettre son auditeur en symbiose avec lui, de l’entraîner dans la communion magique des noces païennes de la grâce, du sublime et du génie. Un album que l’on n’écoute pas, au sens premier du terme, mais que l’on vit, que l’on traverse. C’est un voyage. Un voyage (en solitaire) fascinant et énigmatique dans l’univers d’un artiste au sommet de son art.

Ne tournons pas autours du pot. Comme vous l’aurez compris, j’ai adoré le dernier Bashung que j’écoute en boucle depuis sa sortie, et qui me dévoile encore de ses mystères.

En 2002, était sortie « L’Imprudence », sommet expérimental et virtuose de rock symphonique, d’avant-garde, de recherches sonores et mélodiques saupoudrées de touches subtiles d’électronica. Un Everest musicale de la chanson made in France. Un disque semant définitivement toute la concurrence. D’ailleurs, face à tant de génie, beaucoup ont renoncé, serait-ce qu’à l’égaler. C’est donc à ce « monstre » qu’il avait enfanté, que Bashung devait donner un frère. Et il a relevé l’exploit avec ce « Bleu pétrole », suite très respectable explorant de nouveaux horizons. Un retour vers une musique plus pop, vers le folk de « Osez Joséphine ». Une relecture personnelle de l’Américana et de ses grands espaces, version Will Oldham, Dylan et Neil Young. Mais dans sa caravane folk, il a embarqué des baroudeurs de haute volée. Gaëtan Morel de Louise Attaque qui a écrit et composé six titres. Joseph d’Anvers et Arman Méliès (ultra présent en 2008 après son opus solo « Casino » et « Ersatz » de Julien Doré). Tous les trois prouvent la richesse d’écriture de la nouvelle scène française. Et un vétéran, l’ami fidèle Gérard Manset. Il signe plusieurs titres, comme le chef d’œuvre de l’album, l’inégalable et mélancolique « Comme un lego ». Sur plus de neuf minutes, Manset lui offre une partition époustouflante et épique, où il survole ce morceau à très haute altitude, dans des contrées connues que de lui. Il l’interprète avec tant de force et d’émotion que l’on jurerait qu’il l’a écrit. Autre titre de Manset, la relecture de « Il voyage en solitaire ». Coté reprise, hommage à Leonard Cohen avec un « Suzanne »et sa basse très jazzy.

C’est donc un Bashung au top, malgré de graves problèmes de santé, qui trône au zénith de la chanson/rock française. Avec lui, l’avenir de la chanson made in France s’annonce encore palpitant !

 

Ma Note : * * * * * *

 

Par Francky 01 ou Chico+ - Publié dans : chanson/rock français - Voir les 2 commentaires
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Vendredi 24 octobre 2008 5 24 /10 /Oct /2008 14:04

Vincent Ségal est un musicien (violoncelle électrique) que j'admire beaucoup. Je l'ai découvert via -M- alias Mathieu Chédid. En plus d'être talentueux, Vincent est partout, sur pleins d'albums aux styles radicalement différents. Il est ouvert à toutes les musiques, à toutes les rencontres. Même son premier album solo "T-Bone Guarnerius" (2001) est l'occasion de collaborer avec des artistes qu'il admire, ses compagnons de route (Seb Martel, Magik Malik, Piers Farccini, etc..). Inclassable, virtuose, ouvert au monde, aux autres, ce disque est son carnet de voyage musicale, son journal intime. Laissez vous emporter par "T-Bone Garnerius", difficile d'accès au début, mais tellement riche et envoutant.

41sx5c594wl_sl110_ "T-Bone Garnerius" (01) : album o.v.n.i, carnet intime, onirique et réel des aventures musicales de Vincent et de huit de ses amis musiciens. Faux album solo mais plutôt "vrai disque" de duo, chaque morceau a été enregistré dans divers lieux insolites (une chapelle sur un îlot vers le cap Fréhel, bord du périph' parisien à 4 heures du mat', etc.) et possède sa propre histoire ! 

 

 

 

 

 

 

 

 

311a618cfzl_sl110__2 "Olympic Gramofone" (96) : Unique album de ce groupe éphémère regroupant Cyril Atef, Julien Lourau, Eric Löher, DJ Shalom, SebMartel et Vincent Ségal.Malgré son originalité et son potentiel, le groupe n'a pas survécu à ce disque. Dommage !!

 

 

 

 

 

 

 


1999_bumcello_1 2002_bumcello_nude_for_love "Bumcello" (99) et "Nude for love" (02) de Bumcello : Bumcello alias Bum Cyril Atef et Cello Vincent Ségal. Le premier disque est introuvable. Le second, "Nude for love", est directement inspiré des travaux en recherche sonique des savants Eno et Byrne. Kaléidoscope d'influences multiples allant du dub à l'electro, du jazz en passant par la musique contemporaine et bien plus encore, ce disque "tout terrain" est un modèle d'innovation, à mille lieu de la routine des productions formatées ! 


 

Petite selecta de disques d'autres artistes où il a laissé sa trace (comme sur "Leave no trace" de Piers Faccini).
Folk, rock, chanson, hip hop, world, jazz :


31bgzqw5f7l_sl110_ 1999_2 2003_1


2002_2 2005


 


2001_4_2 2003_4_2 2007_31_13

1997_cabo_verde


2003_ecostello_cruel_smile


1995_flesh__stone 1996_face_lift 1998_refugees


2003_2

 

2001_2 2006_2

 


 

 


2004


2006


2008_juliendor



 




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Le baptême" (98) "Je dis Aime" (99) "Qui de nous deux" (03) de -M- * * * * *

"Blazing Arrow" (02) "The Craft" (05) Blackalicious * * * * *

"Salt Rain" (01) "Love Trap" (03) "31 1/3" (07) Susheela Raman

"Cabo Verde" (97) Cesaria Evora

"Cruel Smile" (03) Elvis Costello * * *

"Flesh & Stone" (95) "Face Lift" (96) "Refugees" (98) Glenn Ferris Trio

"Wild Serenade" * * * *(03) DuOud

"Kékéland" * * * * (01) "Libido" (06) Brigitte Fontaine

"Leave no trace" (04) Piers Faccini * * * * * 

"Coitry?" (06) SebMartel * * * *

"Ersatz" (08) Julien Doré  * * *

 

Cette sélecta n'est qu'une petite partie des disques dans lesquelles vous pouvez retrouver l'empreinte de Vincent Ségal. Il a collaboré à beaucoup d'autres artistes encore. Si vous ne le connaissez pas, je vous conseille pour commencer "Nude for Love" de Bumcello, peut-être le plus accessible. A + 

Par Francky 01 ou Chico+ - Publié dans : chanson/rock français - Voir les 1 commentaires
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Lundi 8 septembre 2008 1 08 /09 /Sep /2008 04:02

Doreg4202 Doreg420

 

Eh oui, la "nouvelle star" Julien doré a fait son apparition aux guignols de l'info vendredi sur canal + ! Consécration ? Peut-être, en tout cas, je ne saurais que vous recommander vivement son superbe premier album. Quatorze titres oscillant entre folk, rock, electronica, chanson, textes délires et poétiques, samba et rythmes latin-jazz et electro. Avec un casting XXL : Christophe, Arno, Arman Méliès, Vincent Ségal (-M-, Bumcello, Etc..), Christine Ott (Têtes Raides, Yann Tiersen) ! Et en bonus, la reprise de Gainsbourg "SS in Uruguay", mais dans une version très hawaïenne, chaloupée et décalée. De plus, pour ne rien gâcher, le livret du c.d est magnifique !
Le voici donc au guignols et sur plein de plateau télé. Le bon client, quoi, avec son humour décalé, ses attitudes Debordiennes (un vrai situationniste). Un peu le petit frère d'un autre troublion du p.a.f, Katerine. Reste a espérer, qu' à la longue, il ne devienne pas la pâle copie de sa marionette ! Le temps et son intelligence nous le dira. A + !!!!!!


                                 
Par Francky 01 ou Chico+ - Publié dans : chanson/rock français - Voir les 3 commentaires
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Jeudi 13 mars 2008 4 13 /03 /Mars /2008 17:41

Dionysoslamecaniqueducoeur "La mécanique du coeur" de DIONYSOS.


Comment parler d'un tel disque ? Un disque si original et habité qu'on a du mal à s'en remettre ! Un disque qu'on ne pénètre pleinement qu'après plusieurs écoutes tellement l'univers qu'il renferme est énorme, novateur et créatif ! Un album concept plus exactement. Je sais, le mot peut faire peur car les réussite en ce domaine ne sont pas légion et que Gainsbourg a placé la barre si haut avec "L'histoire de Mélody Nelson" et "L'homme à la tête de chou". Mais toutes craintes disparaissent à la vue du niveau d'excellence que Dionysos atteint là !

Alors, après ces quelques précisions, entrons dans le vif du sujet. Concept album je disais car il est adapté du roman éponyme du chanteur, alias Matthias Malzieu.

 

L'histoire : Edimbourg, 1874 ! Jack, le héros, naît le jour le plus froid du monde et son coeur en reste gelé. Madeleine, sage-femme dite folle, le sauve en remplaçant ledit coeur par une horloge. Jack ainsi vivra mais à condition de ne pas toucher ses aiguilles, maîtriser sa colère et surtout ne jamais, ô grand jamais tomber amoureux ! Mais il succombe aux charmes d'une p'tite chanteuse des rues, Miss Acacia. L'ayant perdu, il se lance dans une folle aventure dont l'issue de cette quête amoureuse ne pourra qu'être fatale !


Ainsi, album concept oblige, chaque titre illustre merveilleusement une partie de l'histoire. Oscillant entre conte gothique et fable onirique, peuplé de personnages loufoques, déjantés et haut en couleurs, ce disque est une véritable réussite. Pour incarner ces différents personnages, Dionysos a fait appel à un casting quatre étoiles. Emily Loiseau (Madeleine, l'étrange sage-femme), Arthur H (Le clodo alcoolique ex policier), Olivia Ruiz (Miss Acacia), l'actrice Rossy De Palma (Luna, la prostituée malicieuse), le slammeur Grand Corps Malade (Joe, l'amoureux jaloux de Miss Acacia), l'acteur Jean Rochefort (Georgues Méliès le prestidigateur), Alain Bashung (Jack l'évrentreur) et le footballeur Eric Cantona (Giants Jack, le narrateur devenu grand) !


Tous ces noms prestigieux et insolites servent magnifiquement leurs personnages et apportent avec eux leurs influences musicales et cinématographiques. Références musicales justement ! "La mécanique du coeur" est un véritable multing pot musicale où rock nerveux, hip-hop, chanson guinguette, vieux blues et accents morriconiens partouzent en toute liberté et cohérence ! Beaucoup de rythmiques sont façonnées à partir de sons d'horloges, métaphore parfaite du nouveau coeur de Jack. On retrouve, comme sur le précédent "Monsters in love" pléthore d'instruments. Aux habituelles guitares, basses, batteries rock se sont adjoint le ukulélé, le glockenspiel, le mellotron, les scratches et progammations électros. Mais aussi les magnifiquent arrangements de cuivres et de cordes signés Olivier Daviaud. Ils finalisent en beauté le coté bande original du film imaginaire que Matthias rêve de tourner un jour.

Coté cinématographe justement, à l'écoute de ce disque hors norme, on pense à la poésie gothique de Burton et du "Freaks" de Todd Browning, à l'étrangeté et à la perversion du réel de Lynch, aux Farrely pour les personnages et à Jarmusch auquel Matthias a consacré son mémoire de fin d'étude de cinéma.

Après Steve Albini ("Western sous la neige" 2002) et John Parish ("Monsters in love" 2005), c'est Dionysos lui-même qui a produit ce disque, aidé de l'indispensable Olivier Daviaud, que Matthias a rencontré pendant l'enregistrement de "La femme chocolat" d'Olivia Ruiz !

Pour la troisième fois, le visuel est signé par leur pote, le dessinateur B.D Joann Sfar (le chat du rabbin, Petit et Grand vampire, etc..). Les deux univers fusionnent parfaitement tant ils partagent la même esthétique baroque, gothique et loufoque.

Offert à noël, ce disque tourne en boucle sur ma platine. Et à chaque écoute, j'en découvre la poésie, la beauté et en perce un peu plus le mystère ! Ne serait-ce pas cela, un CHEF-D'OEUVRE ? J'en ai bien l'impression !!!!!!!!!!

 

 

 

 

Par Francky 01 ou Chico+ - Publié dans : chanson/rock français - Voir les 0 commentaires
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