Lieu de réflexions, de découvertes et d'échanges des cultures indépendantes : musique, B.D, cinéma essentiellement.
Encore une année d’écoulée, enfin presque. Et avec sa fin ses traditionnels best of, bilans ou autres classements, histoire de faire le point : Quels sont nos disques préférés ? Qu’est-ce qui musicalement aura été marquant ? Y a-t-il eu de grands albums ??? Vous voyez, ce genre de questions métaphysiques totalement futiles mais ô combien indispensables. Retour sur une année de musique.
2010 aura été l’apothéose du revival shoegaze et dream pop. Des groupes, dont la plupart étaient gamins lors de l’explosion shoegaze, ont goutté au joie de son minimalisme, ses feedback de guitares, ses mélodies éthérées sous un « wall of sound » guitaristique, le tout porté par de mélodieuses voix mixées comme des instruments. Ainsi, j’ai découvert des nouveaux venus : Wild Nothing (n°16), The Depreciation Guild (n°26), Surfer Blood (n°9), Korine Conception (une de mes découverte Netlabels) Best Coast (n°27), des « jeunes » anciens The Pains Of Being Pure At Heart ( 45T + 1 album éponyme), Beach House, mais aussi des plus confirmés comme The Besnard Lakes (n°4), Blonde Redhead (n°2), Deerhunter, etc…
Mais 2010 aura été aussi marqué par le come back d’anciennes gloire du Post punk :
Mark E Smith et ses Fall nous ont servi leur album annuel (n°10 et leur meilleur depuis…longtemps), Mark Gerra et ses Swans revenu dont ne sait où avec, sous le bras, un énorme disque céleste et tellurique (n°3), les vétérans The Ex avec un « Catch my Shoe » produit par Steve Albini. Dan Tracy (dépositaire officieux de l’acte de naissance du rock indie avec son premier 45 T « 14 Th Floor »), en plus d’être chanté sur le dernier MGMT, s’est sorti de la rue, des drogues, de la psychiatrie et de la prison pour remettre en activité ses mythiques Television Personalities et a produit un émouvant et très réussi nouveau disque (n°25).
Autre grand come back, plus inattendu : celui d’un des groupes de rock indie les plus importants des 90’s, au leader incarnant la coolitude suprême (Stephen Malkmus), Pavement. Pas de nouvelle œuvre mais une compilation de bonne tenue « Quarantine the Past » et une tournée mondiale qui les a amené à Paris cet été pour un concert exceptionnel avec en première partie……The National (quand même).
Voilà et maintenant, place à mon top. IL SERA SUR 2 POSTS DIFFÉRENTS A CAUSE DE LA LONGUEUR !!
Bonne fête à vous toutes et tous et merci de votre soutient cette année encore. MERCI !!!!
De la 1èr à la 10ème place

1 The National - High Violet (4AD)
C’est un des albums que j’ai le plus écouté cette année, celui qui m’a le plus touché, le plus ému…..Émotions jusqu’aux larmes. Des sons, des notes et des mots....Juste des notes et des mots. De la musique, rien que de la musique, mais quelle musique ! La félicité n’est pas loin….

1 ex-eaquo Gonjasufi - A Sufi And A Killer (Warp)
Ma découverte et le choc esthétique de l’année ! Du fin-fond du désert américain, un chamane hip hop sous L.S.D nous propose le disque le plus étrange, psychédélique et mystique depuis……longtemps. L’O.V.N.I musical 2010 !

2 Blonde Redhead - Penny Sparkle (4AD)
Après “High Violet”, le deuxième grand disque du label 4AD ! Neurasthénique, mélancolique et élégiaque, une ode à la lenteur, de l’éther à l’état pur. On traverse "Penny Sparkle", tel Alice aux pays des merveilles, comme dans un rêve éveillé : entre conscience floue, réalité nébuleuse et onirisme poétique.

3 Swans - My Father Will Guide Me Up A Rope To The Sky (Young God)
Un disque à l’image de sa pochette: Céleste. Après plus d’une décennie d’absence, Swans revient pour nous proposer un voyage sonique inouï, poétique et expérimental aux confins de l’univers, mais aussi de soi-même. ATTENTION : Un aller sans retour au cœur de la psyché humaine. Un disque tellurique !!!

4 The Besnard Lakes - The Besnard Lakes Are The Roaring Night (Jagjaguwar)
En 2007 déjà, ce groupe canadien sous influence shoegaze / space rock, avait brillé de mille feux avec "Are the Dark Horse". Cette fois, lors de la nuit hurlante, l’incendie au lac Besnard à tout dévasté. Au loin, des chœurs mélodieux rugissent dans la nuit, la nuit hurlante, rugissante. The roaring night !!!

5 Baths - Cerulean (Anticon)
Une goutte d’eau qui s’écoule doucement et patiemment depuis la nuit des temps, pulsation musicale primitive. Telle est ma vision (poétique) de l’électronica rêveuse et bucolique de Baths alias Will Wiesenfeld. Une sortie de l’excellent label défricheur et avant-gardiste Anticon.

6 Darkstar - North (Hyperdub)
Avec ce disque, Darkstar (James Young, Aiden Whalley et James Buttery) proposent une ouverture pour le dubstep en créant un de ses possibles futures, une sorte de néo dubstep matinée de pop. Un disque assez proche de « Cerulean » (Baths), un océan de mélancolie (urbaine) en plus !!!

7 Zola Jesus - Stridulum II (Sacred Bones)
Au concours du nom d’artiste le plus mystique et bizarre, Zola Jesus remporterait haut la main le premier prix ! La jeune diva gothique Nika Roza Danilova (elle est née en 1989) rayonne de noirceur et navigue dans les eaux boueuses de la cold wave et du gothique ou plus limpide de la synth-pop.

8 Yellow Ostrich - Fate Cave EP (autoproduction)
Un disque où le chant est roi ! Une boite à rythmes, des claviers vintages, quelques nappes sonores et la voix, surtout la voix. Ou les voix plutôt et les chœurs. Tel est la formule artistique utilisée par le prolifique Yellow Ostrich (4 EP et 1 LP rien que pour 2010). Des arrangements ultra classieux et des orchestrations d’orfèvres pop malgré le minimalisme et l’aridité lo-fi des moyens utilisés. Alex Schaaf (Yellow Ostrich) prouve qu’avec peu ont peu faire beaucoup et superbement, si le génie est là !!

9 Surfer Blood - Astro Coast (Kanine)

10 The Fall - Your Future Our Clutter (Domino)