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Bertrand Belin – Persona (Cinq7/Wagram) 25.01.2019
Bertrand Belin, dandy rock, est de retour avec « Persona », 4 ans après « Cap Waller » (n°19 de mon top 50 albums 2015), œuvre très aboutie que je réécoute encore régulièrement. J’avais d’ailleurs eu la chance de le voir à Lyon, en juillet 2016, en première partie de…Tindersticks (quand même) ! Et même avec un groupe aussi charismatique et mythique jouant après-lui, il s’en était sorti superbement, nous offrant un concert de haute volée.
Et « Persona » aujourd’hui, que vaut-il ?? Soyons honnête et direct d’entrée : Un petit bijou, encore un diamant de plus à la magnifique parure qu’il bâtit avec un immense savoir-faire depuis plus de 15 ans, malgré un succès public encore trop timide.
Sur « Persona », on retrouve le Style Belin, inimitable et tellement personnel : Des compositions travaillées et envoûtantes malgré une économie d’effet, des rythmiques aux tempos souvent lents et métronomiques, des claviers atmosphériques…Mais aussi un jeu de guitare d'une virtuosité modeste et sans frime, entre arpèges délicats, subtil touché quasi jazzy, finger-picking folk et dissonances - brusques envolées plus rock...La Belin Touch, c'est aussi une voix grave, un chant traînant au phrasé à la diction nette d’où se détache chaque mot, chaque son, mettant encore plus en valeurs de superbes textes elliptiques et mystérieux. Et cette poésie abstraite, sorte d'esthétique contemporaine et urbaine, est incroyablement magnifiée par un véritable travail d'interprétation. Car oui, Bertrand Belin est un vrai chanteur/interprète, de la trempe des Brel, Ferré ou Bashung. Une voix, un corps et une âme entièrement au service de ses textes, de la vérité des mots...et c'est encore plus flagrant en live ! Regardez-donc une vidéo d'un de ses concerts ou voyez-le sur scène et vous comprendrez !!!
Ni tout à fait Pop, ni tout à fait Rock (malgré une coupe "banane de rockeur"), on pourrait peut-être définir son style par un croisement entre Chanson poétique, conceptuelle et lettrée oscillant vers une sorte de Folk alternatif. Pour preuve, il aime citer Bill Callahan comme référence.
POUR RAPPEL : Voir mon billet où se trouve un fascinant documentaire réalisé en 2014 et livrant quelques clés afin de mieux pénétrer et tenter de comprendre l'univers de Bertrand Belin.
Au final, une œuvre poétique à la beauté mystérieuse et envoûtante. La grande réussite made in France de ce début d’année !!!