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Dans la story rock'n'roll, de grands groupes ont excellé dès leur premier album. C'est assez rare mais le génie était d'entrée au rendez-vous. Pour certain, il est mort née, unique mais superbe témoignage, le processus créatif étant si mystérieux et douloureux. "Ces Icare de la musique" se sont carbonisé à avoir tutoyé les hautes sphères. D'autres n'ont jamais pu renouveler l'exploit, ou du moins pas au même niveau d'intensité. L'alchimie jadis trouvé s'est volatilisé, ne laissant que de vagues indices. Des pièces du puzzle ont disparue.
Certains artistes les chercheront toute leur vie, sorte de quête existentielle, se perdant parfois même en route sur les chemins du doute, de la dépression et de la déchéance. Les voix de la création sont impénétrables !
Une autre catégorie, beaucoup plus grande, accède au chef d'œuvre après des années de dur labeur, de progression constante et d'évolution. C'est le cas de Radiohead, qui est passé de petit groupe indé sympatôche à celui d'immense groupe novateur, exceptionnel, expérimental et essentiel des années 90/00', voir plus.
Étant un fanatique des listes et classements, je vous propose mon top "des meilleurs premiers disques" ! A vous de jugez et de réagir.

1. The Velvet Undergroud – The Velvet Underground & Nico (1967) : Rarement groupe n'aura été aussi influent. Drogue, sexe, violence, urbanité (N.Y), sadomasochisme. Ce disque est la matrice fondatrice, la clef de voûte de l'édifice glam-rock, punk, cold wave, gothique, shoegaze, space rock, post-rock, etc…En plein flower power, il fut à sa sortie un échec commercial. Aujourd'hui, Le classique indépassable et absolu ! Lester Bang, très tôt, écrivit ceci : "La musique moderne commence avec le Velvet Underground. Les implications et l'influence de ce qu'ils ont fait alors risque de durer pour toujours". Une des plus grandes œuvres musicales de tous les temps, tout simplement !!

2. King Crimson – In The Court Of The Crimson King (1969) : De cette gueule affreuse est sortie TOUT le rock prog' ! Acte fondateur du mouvement rock progressif, il est constitué de seulement 5 titres. Mini opéra baroque, ces morceaux sont de véritables odyssées cosmiques, de longues plages faites de recherches sonores, de divagations, de dérives bruitistes où les mélodies complexes et originales s'entrelacent dans ce magma musical. Rock psyché, free-jazz, musiques classiques, cordes, mellotron et délires poétiques sont au programme de cette rêverie sonique !

3. The Doors – The Doors (1967) : Chanteur beau gosse ultra charismatique et poète visionnaire nourrit à Rimbaud, Artaud, Nietzsche, Blake (The Doors est tiré d'un de ses poème), musiciens de Garage Rock influencé par le Blues et le Jazz, révolte, exploration des consciences à l'aide des drogues (cocaïne, LSD, Haschich), ce groupe a tout pour réussir. 11 titres de folie, de rock psyché, de visions poétiques dont le tube licencieux "Light My Fire" et le sommet épique de plus de 11 min "The End".

4. Tindersticks – Tindersticks 1 (1993) : Arrangements Somptueux, mélodies mélancoliques et élégiaques, orchestrations monumentales, voix envoûtantes de crooner, influences jazzy cool. La musique des Tindersticks est la haute couture de la pop. A noter les deux excellents albums solos du chanteur, Stuart A Staple.

5. The Stone Roses – The Stones Roses (1989) : A la fin des années 80, Manchester devient l'épicentre d’un nouveau cataclysme musical. Créateur d'un nouveau son, sorte de collision entre pop song seventies et l'Acide House balbutiante, The Stones Roses sort ce premier album fondamental sentant bon l'hédonisme, la coolitude, l'ecstasy et l'euphorie. Depuis, nombres de groupes y ont un jour puisé, d'Oasis à Chemical Brothers, de Prodigy à Kasabian et tous ces combos dance rock.

6. Jeff Buckley – Grace (1994) : Même emporté dans les eaux du Mississippi, la voix de Jeff Buckley ne cesse de raisonner, son aura reste intacte ! Un sommet de songwritting Pop, Folk et poétique. Depuis l'émission télé "La Nouvelle Star", retour triomphal auprès du grand public de sa magistrale interprétation du "Hallelujah" de Léonard Cohen.

7. Sex Pistols – Never Mind the Bollocks (1977) : Le manifeste étendard du "Do it yourself" à la Punk. Jamais autant de rage, de nihilisme, de révolte, de furie n'auront été contenues dans un disque. Malgré la simplicité apparente de la musique, les paroles regorgent de citations à Guy Debord et au situationnisme. A ce propos, lisez absolument l'essai passionnant de Greil Marcus, "Lipstick Traces", où il fait un parallèle entre St Just, les hérétiques du moyen-âge, Debord et les Sex Pistols. 1977, année où la boîte de Pandore fut ouverte. Après leur split, Johnny Rotten s'en ira former P.I.L.

8. Television – Marquee Moon (1977) : Rage Punk, électricité rock'n'roll, virtuosité et liberté du free jazz, fulgurance poétique, psychédélisme, mélodie pop. "Marquee Moon" ou quand le punk tutoie le sublime et devient poétique !

9. Arcade Fire – Funeral (2005) : Le plus grand choc musical des années 2000. Débarquant du Canada, cette joyeuse troupe de savants fous offre à la pop lyrisme, grandeur, mélodies superbes, arrangements baroques et plaisir de jouer collectif. Un tsunami artistique qui a modifié en profondeur la scène Indie Rock actuelle. Vive le Québec libre !