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« Hazed Dream » de Psychic Ills (2011) Sacred Bones Records
Note : * * * * * * *
Sacred Bones Records, meilleur label 2011 ???? En tout cas, il est certainement un de ceux qui ont le plus compté en publiant quelques-uns des disques les plus fascinants, hypnotiques et réussis de l’année :
« Mazes » de Moon Duo (critique ici : « Mazes » de Moon Duo ), « Conatus » de la diva pop-goth’ Zola Jesus (critique à venir), Föllakzoid et son premier EP éponyme de néo-krautrock-psychédélique à la pochette aussi cosmique que sa musique (voir post Voyage dans le cosmos avec Föllakzoid ) ainsi que « Smokescreen » de Religious Knives. Et dernièrement, ce fut « Hazed Dream » des new-yorkais de Psychic Ills, trio composé de Brian Tamborello (batterie), Elizabeth Hart (basse) et de Tress Warren (guitare, chant et synthés).
« Hazed Dream », leur nouvel album, est aussi leur plus accessible, « pop » même où le groupe délaisse les expérimentations soniques au profit d’un psychédélisme primitif, d’un rock « sous tranxène » naviguant au ralentie dans un univers brumeux et comateux mais d’une immédiate efficacité. « Hazed Dream » est le compagnon idéal des jours de flemme, s’écoutant de préférence en position horizontale.
« Hazed Dream » allie Space Rock codéiné et moderne, garage-rock opiacé, Slowgaze (c’est à dire Shoegaze en mode slow), Blues futuriste et décharné ainsi qu’un rock (néo) psychédélique. Malgré cet univers neurasthénique, les morceaux peuvent par moments partir dans de petites envolées chevaleresques mais toujours dans un lyrisme contrôlé, sans excès de grandiloquence. Une coolitude parfaitement assumée comme jadis Pavement !
« Hazed Dream », c’est un appel au voyage immobile, à l’errance tranquille, à la divagation méditative. Univers de contrastes, c’est aussi une ode au cosmos, à l’espace et à l’infini. Les guitares aux accords minimalistes, envoûtants et répétitifs à la limite du drone sont pleines d’effets (fuzz, feedbacks, slide…). De douces mélodies « chloroformées » ainsi que des vagues soniques aux motifs étirés et lancinant émanent fébrilement des claviers, soutenue par une batterie discrète et flemmarde. Un chant éthéré et léthargique à la Jason Pierce vient se noyer dans cet ensemble, mixé comme un autre instrument.
Avec « Mirror Eye » en 2008, Psychic Ills développait un univers atmosphérique moins cotonneux, plus aride, plus brut et expérimental, voisin de ceux de Labradford ou Earth.
Sur « Hazed Dream », on sent une évolution, l’influence du Velvet Underground mais surtout celle plus évidente des mythiques Spacemen 3 ou de Spiritualized. D’ailleurs, je trouve que ce disque est comme une relecture très personnelle de ces deux derniers groupes cités aux origines communes. Psychic Ills perpétue parfaitement l’héritage en science psychédélico-soniquelaissé par Sonic Boom et Jason Pierce.
Pour moi, « Hazed Dream » est un des meilleurs albums d’une année qui pourtant n’en n’a pas manqué. C’est vraiment MON album coup de cœur 2011, un sommet de rock psychédélique à la coolitude absolue, le disque que j’ai le plus écouté malgré sa sortie récente. Et je dois avouer qu’il agit sur moi comme une drogue dure : Dès les premières écoutes, le plaisir est immédiat et sa dépendance aussi. Encore un point commun avec les Spacemen 3. Décidément, on n’en finit pas avec ce groupe tellement leur influence est présente. Et le restera encore…….