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« Down There » d'Avey Tare (Paw Tracks) 25/10/2010
Autant le dire d’entrée avant de parler de « Down There » d’Avey Tare, j’ai un rapport complexe avec la musique d’Animal Collective ! Je ne fais pas parti de ceux qui crient au génie devant le moindre de leurs travaux artistiques. J’aime certains de leurs disques comme « Sung tongs » et « Feels » mais par contre, je ne supporte pas, ou peut être ne comprends pas « Here comes the indian », « Strawberry Jam » et pire de tout, leur dernier délire visuel et musical, le psychédélico-arty intello « ODDSAC ». Bref ! C’est donc fort de ce rapport ambigu avec Animal Collective que j’ai appréhendé l’album d’Avey Tare alias David Portner.
Après Panda bear en 2007 et son « Person Pitch », c’est au tour d’un autre membre actif de ce collectif de sortir son album solo !
Avec ce disque court (9 titres pour 34 min) enregistré dans une vieille église vers New York par son ami Josh Dibb (alias Deakin), Avey Tare malaxe habilement la folk avec de la pop futuriste, des beats technoïdes et bizarroïdes, de l’électronica bancale, du dub lancinant et tordu ainsi qu'un Rock néo-psychédélique. Il nous propose ainsi sa version très personnelle du folk en 2010 : psychédélique, expérimental, électronique, samplé, plutôt sombre, atmosphérique et d’une insolente liberté. Comme avec ses Animal Collective, sa musique peut paraitre complexe au premier abord, ne pas être forcément facile d’accès. Ne cherchez donc pas dans « Down There » de morceaux aux mélodies accrocheuses qu’on peut immédiatement sifflotées sous la douche et chantonner toute la journée comme tout bon titre pop qui se respecte. Et non, pas de ça chez lui.
Les morceaux ne sont pas construits sur des fondations mélodiques classiques mais, tel une mille-feuille sonore, en couches superposées, créant ainsi un collage de samples néo-surréalistes et avant-gardistes (extraits de films, sa propre voix repassée en boucle, etc.). Un assemblage de sons, de bruits, de bribes de mélodie, de voix et de chœurs flous puis de quelques rythmes. Un lego sonore en quelque sorte. Des rythmiques dub/technoïdes plutôt bancales, bricolées et parfois étouffées ou noyées dans ce magma sonore.
Malgré la courte durée du disque et des morceaux, chaque titre semble être une longue plage sonique et musicale s’étirant et se déformant progressivement, véritable entité organique.
Après plusieurs écoutes et malgré l’apparente complexité, je me suis surpris à entrer sans m’en rendre compte dans cet univers psychédélique et électronique. Il m’est même devenu presque familier, car si la construction des morceaux est complexe, les émotions suscitées, elles, sont primitives et universelles.
« Down There » est donc un disque novateur et bizarre où mélodies, rythmes, sons et voix se confondent en toute liberté. Avey Tare nous donne à entendre avec cet album un des possibles futurs du folk et nous ouvre grandes les portes de la perception de son univers mental complexe. Malgré le succès critique/public de « Merriweather Post Pavilion », ce disque semble diviser mais je pense qu’il s'en fout car il est libre Avey...
Ma note : * * * * * * *
