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MUZIKS ET CULTURES
Le blog de Francky 01
"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme" Lavoisier.
Lynch narre une histoire d’une modernité formelle inouï où début et fin se confonde en toute virtuosité, nous entraînant dans un cauchemar cubiste et psychanalytique au confins de la folie humaine et de la schizophrénie. Un sommet du cinéma des années 90.
Une histoire où début et fin se mélangent je disais, recommencent pour mieux se perdre, nous perdre. Un film, à l’image des étranges K 7 vidéo, à double face.
Face A : Fred (Bill Pullman) habite dans une maison design et glauque avec sa femme Renée (Patricia Arquette). Leur quotidien se voit bouleversé par l’arrivée d’une mystérieuse casette vidéo qui montre leur maison filmée au caméscope. Et tout se détraque quand, le jour suivant, une autre K 7 montre l’intérieur de la maison avec eux-mêmes filmés pendant leur sommeil. Et Fred va rencontrer, pendant une fête, un étrange homme en noir qui lui parle de l’existence de passages spatio-temporels. Dès lors, Fred va, tel Alice au pays des merveilles (ou plutôt horreurs ici), emprunter le chemin sans retour des ténèbres. Et tuer sauvagement sa femme.
Face B : Fred, condamné et emprisonné pour le meurtre de Renée, se métamorphose en Pete, son avatar juvénile, une petite frappe bossant dans un garage. Il y rencontrera d’ailleurs Alice, double de Renée mais blonde cette fois-ci, et entretenir une liaison avec elle. Ainsi débute le second film la face B.
« Lost Highway »est un véritable labyrinthe, un objet visuelle non identifié. Déjà avec « Sailor & Lula » et « Twin Peaks », Lynch avait posé les bases de son univers onirique, fantasmatique et totalement américain. Mais là, il passait un cran au dessus, dynamitant au passage les codes du film noir et explorant plus profondément la psyché de sa société. Film à deux faces, film du dédoublement :
- De la personnalité de Fred. Pour raconter sa schizophrénie, Lynch n’a pas besoin de long discours. C’est dans la forme alambiquée de ce film qu’elle s’exprime, s’incarne et prend vie.
- Des personnages, comme Renée et Alice, interprétée par la même Patricia Arquette, blonde pour la première, brune pour la seconde.
Un film où fond et forme se confondent. Mais c’est aussi un film rempli de symboles, de métaphores que Lynch prend soin de ne pas expliquer, laissant au spectateur son libre arbitre, son imaginaire travailler. Au risque de le déstabiliser au passage. Un film multiple, où toutes les tentatives d’interprétations sont possible.
L’univers formel quasi clinique, cubiste et glauque de la face A, du premier segment, laisse place à un univers plus coloré. Esthétique du double. C’est en grand plasticien, aidé de son chef opérateur Peter Deming, qu’il compose ces plans, sorte de tableau en mouvements où se retrouvent pêle-mêle les influences de Hopper, Bacon et les cubistes.
Un film à la mise en scène nerveuse, épileptique et rock’n’roll. La musique et le son chez Lynch sont essentiels. Il travaille ce matériau avec soin, augmentant ainsi le suspens et la tension à chaque instant. Comme la scène où Fred et Renée découvrent
la K 7 vidéo. Rien qu’a la musique et aux sons, on ressent le danger, le malaise. Nine Inch Nails, Marylin Manson côtoient Bowie et la partition du coutumier Angelo Badalamenti.
Comme dans un cauchemar éveillé, on ressort de ce film, à la forme organique comme le jazz électrique de Miles Davis, lessivé, KO et interrogatif. C’est une véritable expérience de cinéma dont on ne saisit que vaguement le sens (ou les sens). N’est-ce pas cela, un chef d’œuvre ? S’en a tout l’air !!!!!!
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