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Depuis que j’ai passé mon année 2010 à redécouvrir les Spacemen 3 (dont j’ai déjà parlé ici 2010, les Spacemen 3 et moi... ), et les groupes shoegaze de mon adolescence ou les activistes du revival néo shoeagaze, je n’arrête pas mon exploration dans ces contrées musicales brumeuses. C’est même devenu une véritable obsession. Alors, tel un archéologue sonore en quête de psychédélisme évanescent, voici ma dernière découverte et énorme coup de cœur : le groupe américain Galaxie 500.
Galaxie 500 fut un trio très éphémère (1987 – 1991) composé de Dean Wareham (chant, guitare), Naomi Yang (chant, basse), Damon Krukowski (batterie). Mais on peut rajouter leur producteur attitré Mark Kramer, véritable quatrième membre tant il façonna leur son en enrichissant ces compositions d’apparences simplistes par des atmosphères beaucoup plus denses, complexes et troubles.
Malgré un passage éclair, ils enregistrèrent une poignée de maxis et surtout 3 albums essentiels et fondamentaux :
« Today » en 1988 * * * * * *
« On Fire » en 1989, de loin mon préféré, le plus planant, psychédélique et atmosphérique. * * * * * * *

Et dans un ultime élan de poésie, en 1990, ils sortent « This is our music » (au titre éponyme d’un album d’Ornette Coleman). * * * * * *

Trois disques aux ambiances neurasthéniques et contemplatives, faites de lyrisme mélancolique, de mélodies élégiaques, de voix et de chœurs éthérés semblant surgirent d’abimes lointaines. Dans un pur esprit « Do it yourself » tel le mouvement punk quelques années plus tôt, le chant n’est pas toujours parfait, parfois même limite faux. Mais ses imperfections le rende encore plus touchant, plus humain. Une œuvre d’une beauté malade, injustement méconnue, mais qui laissa une empreinte profonde et marquante dans le milieu indie rock, inspirant nombres d’artisans en productions noisy pop, du revival dream pop/shoegaze de ces dernières années ou slowcore tel Low, The Brian Jonestown Massacre (un de leur disque se nomme « And This Is Our Music » en référence au 3ème album de Galaxie 500) ou Thurston Moore de Sonic Youth (qui les cites souvent en interview).
Cette musique réussie l’exploit de m’embarquer immédiatement dans un flot de béatitude, me permettant d’entrapercevoir ce que peut être la félicité. Une sensation également ressentie avec un autre groupe dont ils ont toujours revendiqué l’influence, les mythiques Spacemen 3. Mais une autre influence majeure (également commune aux Spacemen 3) est évidente : The Velvet Underground, reprenant « Here She Comes Now ». Et pour boucler la boucle, comme les Spacemen 3 l’ont fait, Galaxie 500 a aussi tutoyé le rock lysergique de Red Crayola en jouant un de leur morceau, « Victory Garden ».
N’est-ce pas là une preuve éclatante que la création est une éternelle succession d’influences et d’emprunts ? Et c’est pas prêt de s’arrêter !!!!